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13-19 octobre 2023

France. Assassinat d’un professeur.

Le 13, un jeune islamiste originaire d’Ingouchie, en Russie, tue à l’arme blanche un professeur de lettres, Dominique Bernard, et blesse trois membres du personnel éducatif devant la cité scolaire Gambetta-Carnot d’Arras (Pas-de-Calais), dont il était un ancien élève. L’assaillant, Mohammed Mogouchkov, avait déclaré rechercher un « professeur d’histoire ». Il est arrêté. Le pays est aussitôt placé en « urgence attentat ». L’attentat intervient à quelques jours du troisième anniversaire de l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty par un islamiste tchétchène, devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Fiché S depuis le début du mois et en situation irrégulière, Mohammed Mogouchkov, arrivé en France avec ses parents en 2008, était surveillé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). En 2014, la famille avait fait l’objet d’une tentative d’expulsion vers la Russie. Le père avait fui en Belgique dont il avait été expulsé en 2018. En avril, puis de nouveau en juin, un frère de Mohammed Mogouchkov, reconnu coupable d’avoir diffusé de la propagande djihadiste, avait été condamné pour « association de malfaiteurs terroriste » et pour « apologie du terrorisme ». Le président Emmanuel Macron se rend à Arras, accompagné des ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de l’Éducation nationale Gabriel Attal. Il y dénonce « la barbarie du terrorisme islamiste » face auquel « nous faisons bloc », tandis que la vice-présidente du Rassemblement national (RN) Edwige Diaz évoque « le lien évident entre le meurtre […], l’immigration massive […] et l’absence de lutte efficace contre l’islamisme radical ». Les autorités mettent en garde contre une élévation du risque d’attentats terroristes dans le contexte du conflit entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Le 16, à la demande du chef de l’État, Gérald Darmanin adresse aux préfets une circulaire qui leur enjoint de réunir les groupes départementaux d’évaluation de la radicalisation et d’explorer les possibilités d’expulsion des jeunes Caucasiens radicalisés. Le ministre de l’Intérieur indique son intention de reprendre les expulsions vers la Russie – suspendues depuis le début de la guerre en Ukraine – malgré les injonctions de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il rappelle par ailleurs que le projet de loi sur l’immigration, dont l’examen par le Parlement pourrait être accéléré, doit permettre l’expulsion d’étrangers même s’ils sont entrés sur le territoire avant l’âge de treize ans et qu’ils n’ont pas de casier judiciaire, ce qui était le cas de Mohammed Mogouchkov. Un double hommage est rendu à Samuel Paty et à Dominique Bernard dans les établissements scolaires, lors duquel plus de cinq cents expressions de contestation sont enregistrées.

Le 17, Mohammed Mogouchkov est mis en examen pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste ». L’un de ses frères et un cousin, tous deux mineurs, sont mis en examen, le premier pour complicité, le second pour n’avoir pas empêché l’attentat dont il était informé. Dans un message audio enregistré sur son téléphone, l’auteur de l’attentat avait fait allégeance à l’organisation État islamique (EI) et exprimé sa haine des Français, de la démocratie et de l’enseignement qu’il avait reçu en France.

Le 19, lors d’un entretien télévisé, Gabriel Attal déclare envisager de « sortir des établissements » scolaires les élèves signalés pour des faits de radicalisation.

— Universalis

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