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INOUE YASUSHI (1907-1991)

Né à Asahikawa, issu d'une famille de médecins de la région d'lzu, Yasushi Inoué, romancier et poète japonais, n'a pas choisi d'emblée la littérature. En 1949, quand il fait paraître deux longues nouvelles, Le Fusil de chasse et Combat de taureaux, il a déjà derrière lui une longue carrière de critique d'art au quotidien Mainichi, où il travaille depuis 1936. Le premier de ces textes, composé d'un poème et de trois lettres retraçant un adultère, témoigne de la maîtrise littéraire acquise pendant ces années d'attente. Le second est une peinture réaliste de l'ambiance d'Ōsaka dans l'immédiat après-guerre. Par la suite, Inoué n'a cessé de publier, abordant les sujets les plus divers dans un nombre considérable de romans et de nouvelles. S'il évoque volontiers l'histoire du Japon et de la Chine, les thèmes contemporains et autobiographiques occupent une part importante de son œuvre. Parallèlement à sa production romanesque, il a continué, au fil des ans, à composer des poèmes en vers libres. Dans ses textes autobiographiques, il ne s'épanche guère sur sa propre personne, mais s'applique plutôt à évoquer la région d'Izu, où il a grandi ; il cherche à cerner le désir d'échapper à leur vie qui habite certains membres de sa famille, notamment dans Histoire de ma mère (1975). Shirobamba (1962-1963) évoque avec une grande simplicité le personnage le plus attachant de son enfance, Kano, une vieille femme autrefois entretenue par son arrière-grand-père et qui, malgré la réprobation familiale, devient pour lui la plus tendre des grand-mères. Un dépouillement similaire se retrouve dans des nouvelles traversées par des hommes solitaires et marginaux dont on tente de percer le secret, tel le peintre raté du Faussaire (1951). Inoué aime aussi mettre en scène des êtres qui, malgré leur vide intérieur, s'efforcent sans cesse d'agir sur le monde, comme le héros de La Muraille de glace (1957) qui s'obstine à faire la lumière sur un accident de montagne. Mais le thème privilégié d'Inoué reste l'histoire, celle du Japon dans toutes ses périodes, celle de la Chine et des cités-oasis aux confins de l'empire chinois. La Tuile de Tempyô (1957), qui relate les périls affrontés par le moine Ganjin quittant la Chine des Tang pour le Japon, ainsi que Lôulàn (1959), qui donne une dimension poétique à l'histoire de ce petit pays coincé entre les Han et les hordes de barbares, comptent parmi les meilleures réussites de l'auteur. Confucius (1989), découverte d'une sagesse pour notre temps dans l'œuvre du philosophe chinois, termine ce travail exemplaire de reconstitution et de réflexion sur l'histoire.

— Catherine ANCELOT-KIM

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • JAPON (Arts et culture) - La littérature

    • Écrit par Jean-Jacques ORIGAS, Cécile SAKAI, René SIEFFERT
    • 20 234 mots
    • 2 médias
    ...champ pour ainsi dire inexploré, il devenait possible de suivre dans leur continuité les orientations de quelques précurseurs. Dès ses premiers récits, Inoue Yasushi (1907-1991) s'était attaché, avec une cruelle précision, à saisir dans le Japon de l'après-guerre une réalité « exotique » (...

Voir aussi