DÖRPFELD WILHELM (1853-1940)

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Architecte et archéologue allemand, Wilhelm Dörpfeld est le fils du pédagogue Friedrich Wilhelm Dörpfeld. Il commença sa carrière comme architecte, puis assista Friedrich Adler dans ses fouilles d'Olympie de 1877 à 1881. Invité par Heinrich Schliemann, en 1882, à participer aux fouilles de Troie, de Mycènes, de Tirynthe et d'Orchomène, il donna les premières interprétations scientifiques des antiquités de Troie en définissant neuf périodes d'occupation, du ~ IIIe millénaire au ive siècle. En cette même année 1882, il entra à l'Institut archéologique allemand d'Athènes, dont il sera le secrétaire pendant vingt-cinq ans, et où il publiera ses rapports de fouilles. Avec Émile Reisch, Dörpfeld écrivit le premier livre faisant autorité sur le théâtre grec, dans lequel il avance l'hypothèse fortement contestée de l'origine ionico-éolique de l'orchestra circulaire servant aux représentations, avant l'introduction de la scène (Athènes, 1896).

Après la mort de Schliemann, Dörpfeld reprend les fouilles de Troie de 1893 à 1894, et découvre que la ville que son prédécesseur avait qualifiée d'homérique était beaucoup plus tardive, la Troie homérique étant située à un niveau inférieur. Il dirige d'autres chantiers allemands ou conseille des fouilles étrangères à Pergame (1900-1912), en Attique, à Athènes (Propylon, temple dit de Dörpfeld, du ~ vie s.), à Thermos, à Thèbes et à Corfou, tout en écrivant divers ouvrages : Troie et Ilion (Troja und Ilion, 2 vol., Athènes, 1902), après Troie 1893 (Leipzig, 1894). Il se consacre ensuite à la civilisation homérique, dans l'île de Leucade (qu'il considérait comme Ithaque, la patrie d'Ulysse), et publie ses considérations dans Le Retour d'Ulysse (1924), Ithaque ancienne (1927), ainsi que dans d'autres volumes tels que Olympie ancienne (1935) et L'Ancienne Athènes et son Agora (1937-1939), où il critiquait les fouilles américaines.

Dörpfeld apporta une contribution importante à la technique des fouilles, mais ses spéculations diverses (dates des poèmes homériques, contribution des Phéniciens à la civilisation grecque archaïque, entre autres) ont été violemment controversées. Wilhelm Dörpfeld mourut dans sa maison de Leucade que l'empereur Guillaume II, un de ses fervents admirateurs, lui avait fait construire.

—  Alain MAHUZIER

Écrit par :

  • : assistant des fouilles d'Eboli (Campanie), moniteur à la bibliothèque de l'Institut d'art et d'archéologie de Paris

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Pour citer l’article

Alain MAHUZIER, « DÖRPFELD WILHELM - (1853-1940) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-dorpfeld/