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WELFARE STATE, États-Unis

L'assistance sociale est aux États-Unis une notion relativement récente. Elle est née dans les années 1930, lorsque le président Roosevelt entreprit de pallier dans la mesure du possible les effets de la grande crise économique. Elle s'est considérablement étendue après l'élection de John F. Kennedy, qui a voulu réduire les poches de pauvreté que la puissante et riche Amérique des années 1950-1960 découvrit avec horreur sur son propre territoire. Elle n'a jamais cessé d'avoir ses ennemis qui reprochent au gouvernement fédéral de se transformer en Welfare State, en État-providence, qui prive les citoyens de leur liberté d'initiative et qui incite les pauvres à la paresse en leur procurant des secours trop importants.

Les crédits destinés au Welfare proviennent en partie de Washington (il existe un département chargé de l'aide sociale, de la santé publique et de l'éducation : Health, Education and Welfare), en partie des États et des collectivités locales. Les pratiques varient selon les lieux ; elles varient aussi suivant les professions et les industries, chacune conservant le droit d'améliorer les avantages sociaux de ses membres. Il faut donc schématiser. Le Medicare assure les soins gratuits aux personnes âgées de plus de soixante-cinq ans, dans certaines conditions et dans certaines limites ; il est quelquefois complété par le Medicaid, qui assure les soins gratuits aux personnes déclarées indigentes. Les autres recourent à un système extrêmement complexe d'assurances privées. Le Welfare désigne aussi l'assurance chômage qui varie d'une ville à l'autre, d'un État à l'autre. Il comprend enfin un programme d'aide, destiné aux plus défavorisés. Toute famille assistée bénéficie dans les grandes villes de soins gratuits, de food stamps (timbres pour l'alimentation) ; une aide spéciale est accordée aux personnes âgées dans le besoin, aux invalides et handicapés. Ce n'était donc pas encore la garantie d'un revenu minimal, ni même la certitude que la pauvreté, particulièrement répandue dans la population noire, disparaîtrait. Mais c'était incontestablement une étape dans l'histoire sociale des États-Unis.

Dans les années 1980, le Welfare State allait être battu en brèche par le modèle ultralibéral prôné par le républicain Ronald Reagan, élu à la présidence en 1980, comme par son successeur George Bush. Mais avec l'arrivée du démocrate Bill Clinton en 1992 et sa promesse d'assurer une couverture médicale à l'ensemble des Américains, quels que soient leurs revenus ou leur profession, la notion de Welfare State a été remise à l'honneur. Toutefois, les difficultés rencontrées par le président pour faire voter ce projet par le Congrès rendent encore illusoire la mise en place d'un système de solidarité dans un pays qui reste profondément marqué par les options libérales.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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Pour citer cet article

Encyclopædia Universalis. WELFARE STATE, États-Unis [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • PAUVRETÉ SOCIOLOGIE DE LA

    • Écrit par
    • 3 451 mots
    • 1 média
    The Negro Family. TheCase for NationalAction (1965). L’ambition de Moynihan était d’expliquer comment l’esclavage avait conduit à une désagrégation des institutions de la communauté noire. La désorganisation sociale constatée dans les inner-cities (ghettos) était due, selon lui, à la...