Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

MONTI VINCENZO (1754-1828)

D'abord étudiant en droit et en médecine à l'université de Ferrare, Monti se tourna très vite vers les activités littéraires. Il devint membre en 1775 de l'Accademia dell'Arcadia, groupe néo-classique, puis il se rendit à Rome où il fut, de fait, le poète de cour de Pie VI. Les œuvres de cette période, comme Le Pèlerin apostolique (Il Pellegrino apostolico, 1782), sont prodigues en louanges destinées au pape. Un poème de 1793, qui évoque un fonctionnaire de la République française tué lors d'une émeute, à Rome, In morte di Ugo Basville (encore appelé La Basvilliana), est une mise en garde contre la Révolution française.

Mais ses idées vont évoluer sous l'influence des Jacobins italiens auxquels il se lie. Lors de la campagne de Bonaparte en Italie, Monti s'établit à Milan, se retourne contre la papauté (Il Fanatismo et La Superstizione, publiés tous deux en 1797) et se fait le chantre de celui qui peut alors apparaître comme le libérateur de l'Italie (Prometeo, 1797, puis, en 1806, Il Bardo della Serva Nera et La Spada di Federico II) ; Napoléon, qui lui en sait gré, le nomme professeur de poésie à l'Université de Pavie. Après la chute de l'empereur et le retour des Autrichiens, en 1814, Monti fera volte-face et affichera des sentiments ardemment proautrichiens, peut-être par opportunisme ou lassitude plus que par conviction.

Monti écrivit aussi des poésies amoureuses (Pensieri d'amore, 1783), trois tragédies, et surtout des ouvrages sur le langage. Son chef-d'œuvre, rédigé en délicats vers blancs, est son Iliade (1810), qui demeure l'une des plus belles réalisations du néo-classicisme.

— Jean-Paul MOURLON

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : maître ès lettres modernes, professeur au lycée de Tiaret, Algérie

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • MANZONI ALESSANDRO (1785-1873)

    • Écrit par Lucienne PORTIER
    • 1 467 mots
    • 2 médias
    ...détermina plus radicalement que les influences littéraires le tournant qui devait amener à être chef incontesté du romantisme italien ce jeune disciple de Monti tout féru alors de mythologie, dont il dira « en confidence » que son usage est « une idolâtrie ». Irréligieux et libéral, tel il était sorti des...
  • PROMÉTHÉE, mythe moderne

    • Écrit par Jean MASSIN
    • 1 262 mots

    Il est plus significatif qu'étonnant de constater la mise en sommeil à peu près totale du mythe de Prométhée dans les arts et les lettres de l'âge médiéval. Les premières allusions au vieux titan grec apparaissent aux xvie et xviie siècles (Calderón écrit en 1669 La...

Voir aussi