CHOUKCHINE VASSILI MAKAROVITCH (1929-1974)

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L'enfance et la jeunesse de Choukchine sont celles de nombreux jeunes de sa génération : enfance pauvre dans un kolkhoz de Sibérie, avec ses privations, mais aussi ses joies, qu'il a décrites dans ses nouvelles à caractère autobiographique (Lointaines Soirées d'hiver...). À seize ans, il travaille au kolkhoz, puis part sur des chantiers et fait mille métiers : ouvrier, radio dans la marine, directeur d'école... Ce n'est qu'à vingt-cinq ans qu'il entre à l'Institut du cinéma de Moscou. Il en sort en 1960, ayant entre-temps joué dans plusieurs films ; en 1962 paraissent ses premières nouvelles. Il mène de front diverses activités : de 1962 à 1974, cinq recueils de nouvelles, trois romans, cinq films (dont le dernier, L'Obier rouge, a suscité des discussions passionnées dans toute l'U.R.S.S.), nombreux rôles au cinéma. Cette œuvre abondante est inégale mais a toujours suscité un grand engouement qui tient d'abord à son réalisme : elle sonne juste. Choukchine se déclare ennemi de tout schéma (héros positif contre héros négatif), de tout « embellissement de la réalité ». Respectueux de ses lecteurs, de son public, conscient de ses devoirs de créateur et de communiste, il veut dire la vérité, même peu agréable.

C'est dans ses nouvelles, où il se sent plus à l'aise que dans ses romans, que ses talents de conteur (dialogues pleins de verve, langue riche en mots et expressions populaires, détails pris sur le vif) se révèlent le mieux. Il s'agit le plus souvent de courtes scènes, de « choses vues », sans sujet, prétextes à la peinture de types humains (un de ses recueils s'intitule Caractères). Car son succès est dû aussi à son amour pour ses personnages, qui fait de chacun d'entre eux un individu n'entrant pas dans les catégories habituelles.

Choukchine aime les originaux (Un original, tel est le titre de ses nouvelles) : un mécanicien qui cherche le mouvement perpétuel, un pope qui croit à la révolution scientifique. Ses personnages font des actes irraisonnés, ils aiment raconter des histoires. Ce sont parfois des portraits d'artistes autodidactes : sculpteur sur bois, joue [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, maître de conférences à l'université de Paris-Sorbonne

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RUSSE CINÉMA

  • Écrit par 
  • Bernard EISENSCHITZ
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Dans le chapitre « Nouveaux auteurs, nouvelles libertés »  : […] La période 1964-1972 marque un moment de richesse exceptionnelle. La sclérose du studio central, Mosfilm, est contrebalancée par l'épanouissement des productions des républiques soviétiques. Le rôle positif d'un enseignement du cinéma centralisé, le V.G.I.K. de Moscou, se confirme. La participation très active de cinéastes comme Dovjenko (mort en 1956, un de ses derniers élèves est Otar Iosseliani […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cinema-russe/#i_84113

Pour citer l’article

Alexis BERELOWITCH, « CHOUKCHINE VASSILI MAKAROVITCH - (1929-1974) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vassili-makarovitch-choukchine/