URSULE sainte (IIIe s.?)

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À la fin du ive siècle, un certain Clematius, personnage consulaire venu d'Orient, restaura à Cologne une basilique où avaient prétendument été ensevelies des vierges martyrisées, probablement au iiie siècle. Il posa une inscription pour rappeler ses travaux, mais sans donner ni les noms, ni l'époque des martyres. Au ixe siècle, les moniales installées près de cette basilique cherchèrent à raconter l'histoire des martyres. On leur trouva des noms, celui d'Ursule fut fourni par l'épitaphe d'une petite fille morte à huit ans. On en compta onze, puis onze mille, par une erreur d'interprétation des chiffres romains. Enfin, vers 970 parut la légende. Fille du roi de Grande-Bretagne, Ursule est demandée en mariage par le fils d'un roi barbare. La proposition est acceptée, Ursule aura dix compagnes, chacune escortée de mille vierges. Pendant qu'on construit les bateaux, elles apprennent la navigation. Elles traversent la mer, remontent le Rhin jusqu'à Bâle, puis, continuant leur route à pied, font le pèlerinage de Rome. Au retour, en descendant le Rhin, elles rencontrent, près de Cologne, Attila et ses Huns. Ursule ayant refusé la demande en mariage d'Attila, elles seront criblées de flèches et périront toutes. Cette légende ne contient pas la moindre parcelle de vérité ; on crut pourtant en avoir confirmation quand, en 1106, en creusant de nouveaux fossés autour de Cologne, on trouva une grande quantité d'ossements. On les attribua aux compagnes de sainte Ursule, alors qu'il s'agissait des tombes d'un cimetière antique. On découvrit aussi des épitaphes qu'on ne comprit pas, mais qu'Élisabeth de Schönau expliqua de façon bizarre et parfois cocasse. Il est probable qu'on fabriqua aussi de fausses inscriptions. Quoi qu'il en soit, l'abondance des reliques enthousiasma la chrétienté, les sanctuaires dédiés aux Onze Mille Vierges se multiplièrent, la légende s'amplifia et, à la fin du Moyen Âge, elle inspira de merveilleuses œuvres d'art.

—  Jacques DUBOIS

Écrit par :

  • : moine bénédictin, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)

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CARPACCIO VITTORE (1460 env.-1526)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 2 784 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Pérugin et Pinturicchio »  : […] Mais Carpaccio a connu d'autres expériences. Les problèmes de construction dans l'espace abordés d'abord par les peintres florentins sont devenus une préoccupation commune dans le dernier quart du Quattrocento et ont donné lieu à des réactions diverses. Celle de Carpaccio s'explique mieux si l'on tient compte, selon la suggestion de P. Zampetti, d'œuvres comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vittore-carpaccio/#i_11992

Pour citer l’article

Jacques DUBOIS, « URSULE sainte (IIIe s.?) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ursule-sainte/