ULTRAÏSME, littérature

Ce mouvement poétique fut lancé vers 1918 par un groupe de poètes : Guillermo de Torre, Xavier Bóveda, César A. Comet, Pedro Garfias, F. Iglesias Caballero, J. de Aroca. L'ultraïsme se situe au confluent de mouvements d'avant-garde tels que futurisme, cubisme et dadaïsme. Le Manifiesto vertical ultraista (1920) se propose, comme son nom l'indique, de passer outre (ultra) ces écoles. Être « une rafale d'air pur pénétrant dans une chambre somnolente », tel était son projet. Le « poème pur » qu'il veut créer rejette l'anecdote, l'effusion sentimentale, la structure logique ou formelle. Outre le lexique de la technique, de la science ou du sport, les mots rares, les images surprenantes, les métaphores brillantes composent le langage de l'ultraïsme. Les recherches typographiques, à la façon des Calligrammes d'Apollinaire, sont pratiquées. Guillermo de Torre (1899-1971), principale figure du mouvement, illustre la doctrine dans les poèmes « visuels » de Hélices (1923) et s'en fait le théoricien et l'historien dans Literaturas europeas de vanguardia (1925). Vers les années 1920-1923, plusieurs revues, souvent éphémères, propagent l'ultraïsme en Espagne (Grecia, Cervantès, Ultra), en Argentine (Proa, Prisma, Martín Fierro), au Mexique (Horizonte, Los Contemporáneos), en Uruguay (Los Nuevos, Alfar), à Cuba (Revista de avance). L'influence de l'ultraïsme fut décisive ; la « génération de 1927 » (F. García Lorca, G. Diego, P. Salinas...) y trouve, en partie, ses racines ; J. L. Borges y fut associé ; J. Ortega y Gasset en fait l'analyse critique dans La Deshumanización del arte (1925). L'ultraïsme débouche dans le créacionisme, créé à Paris par le poète chilien Vicente Huidobro et le poète français Reverdy. Une même ambition associe ces deux mouvements simultanés : « ... Faire un art qui n'imite pas et ne traduise pas la réalité. » « Faire un poème comme la nature fait un arbre » : tel est l'idéal de V. Huidobro (1893-1948), dont l'influence fut capitale sur la poésie espagnole et sur la poésie hispano-américaine. Ultraïsme et créacionisme finirent par être emportés par la grande vague du surréalisme.

—  Bernard SESÉ

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  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

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Poète espagnol, professeur de littérature et excellent musicien. Gerardo Diego compose, en 1932, sa célèbre Anthologie de la poésie espagnole contemporaine, où s'exprime admirablement, à travers les déclarations des poètes eux-mêmes, l'esthétique de la génération de 1927. Son œuvre poétique, ample et variée, allie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerardo-diego/#i_86890

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Poète espagnol, Juan Larrea, après avoir adhéré, à la suite de Gerardo Diego, au mouvement dit du créationnisme, prépare par son langage poétique l'ultraïsme, puis s'oriente vers le surréalisme. Son tempérament artistique est marqué par une révolte spontanée contre toute norme esthétique, contre toute hypocrisie et contre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-larrea/#i_86890

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de l'Argentine contemporaine. C'est d'abord en tant que poète qu'il s'est fait connaître dans les années 1920, en militant au sein de l'avant-garde et en publiant dans Martín Fierro et Proa, les revues phares du mouvement ultraïste. Si son premier recueil de poèmes, Los Aguiluchos (1922), est encore d'inspiration « hugolienne », selon ses […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/leopoldo-marechal/#i_86890

Pour citer l’article

Bernard SESÉ, « ULTRAÏSME, littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ultraisme-litterature/