TÜMET

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Peuple mongol se rattachant au groupe ethno-linguistique des Mongols orientaux et qui connut la gloire entre 1543 et 1582, sous le règne de son souverain Altan khān, le redoutable ennemi de la Chine des Ming, l'introducteur du lamaïsme en Mongolie et le fondateur de la plus ancienne ville de l'époque moderne en régions mongoles. Après leur intégration dans l'empire mandchou en 1634-1635, les tribus tümet (ou tumed, ou tumut) sont, dans leur ensemble, dépossédées, comme les Čakhar, de leur noblesse héréditaire, et rattachées directement au gouvernement central sino-mandchou. Installées en Mongolie-Intérieure au nord de l'Ordos, c'est-à-dire au nord de la grande boucle du fleuve Jaune (région incluse dans la province du Suiyuan à l'époque de la République), ils sont soumis à une pression chinoise particulièrement appuyée ; de sorte que, dès la fin du xixe siècle, mêlés aux colons chinois, ils sont sinisés de mœurs et de langue et convertis à l'agriculture. Vivant aux marges de la Chine, ils sont, en union avec les paysans chinois, secoués de violentes insurrections contre les propriétaires mongols et chinois. Ils ont donné naissance au révolutionnaire Ulanfu (1906-1988), nommé Yunze par les Chinois, leader communiste dès les années 1930, qui est réapparu en août 1973 après une éclipse due à la révolution culturelle. À partir de 1952, la vieille cité fondée par Altan khān devient la capitale de la Région autonome de Mongolie-Intérieure (sous le nom mongol de Köke-qota ou Hühehot, de son nom chinois Guisui) et un centre industriel.

Un autre groupe de Tümet, émigré vers l'est en 1628 pour échapper à la domination des Čakhar alors commandés par le grand khān, Ligdan khān, est installé dans la région de Fuxin, à la limite des anciennes provinces du Jehol et du Liaoning (dans la confédération mongole de Josut). Le système multi-ethnique de la république populaire de Chine a érigé en 1957 la région de Fuxin en sous-préfecture (xian) autonome mongole. Comme les Tümet de l'Ouest, ils ont été de bonne heure gagnés à l'agriculture et, comme eux aussi, ils ont le caractère énergique des peuples frontaliers accoutumés à une vie dure.

—  Françoise AUBIN

Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S. et à la Fondation nationale des sciences politiques (C.E.R.I)

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MONGOLIE, histoire

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  • Françoise AUBIN, 
  • Vadime ELISSEEFF
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Dans le chapitre « Les rivalités, du XIVe siècleà la fin du XVIe siècle »  : […] Les dissensions entre ethnies et les violentes rivalités qui opposent Gengiskhanides et non-Gengiskhanides sont dominées par la nécessité de trouver à l'économie nomade des débouchés et par la pression de la politique chinoise, qui attise les antagonismes afin de prévenir le danger d'une renaissance mongole. Dans une première phase, alors que le jeune État Ming est encore fort et que, chez les Mo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mongolie-histoire/#i_48397

Pour citer l’article

Françoise AUBIN, « TÜMET », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tumet/