TRISTAN ET ISOLDE (R. Wagner), en bref

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Le 10 juin 1865, Tristan et Isolde, de Richard Wagner, est créé au Königliches Hof- und Nationaltheater de Munich. Lorsque s'épanouissent les premières mesures du prélude, les spectateurs n'ont peut-être pas conscience d'assister à une révolution dans l'histoire de la musique : un accord des instruments à vent, dissonant à l'oreille mais impossible à analyser – des générations de musicologues se disputeront à son propos –, et la musique occidentale entre de plain-pied dans la modernité. Même si la tonalité est toujours présente dans l'œuvre, elle y est si mouvante que Schönberg se réclamera du chromatisme de Tristan pour fonder la musique atonale. En même temps que l'auditeur perd ses repères dans le déroulement temporel de cette « action musicale », les amants eux aussi parviennent à transcender l'espace et le temps. Maudissant les illusions du jour, ils se vouent à la nuit, qui est depuis Novalis le lieu où s'abolissent les contingences de l'existence humaine. Pétri de la pensée de Schopenhauer, Wagner est parvenu à une osmose rare entre le charnel et le spirituel.

—  Christian MERLIN

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, maître de conférences à l'université de Lille-III-Charles-de-Gaulle, critique musical

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Pour citer l’article

Christian MERLIN, « TRISTAN ET ISOLDE (R. Wagner), en bref », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tristan-et-isolde/