OMEYER THIERRY (1976- )

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Dans les sports collectifs, il est certes toujours difficile de distinguer une individualité. Toutefois, à l'instar du football, une équipe de handball ne peut prétendre obtenir un titre majeur si elle ne compte pas dans son effectif un gardien de but d'exception. Considéré comme le meilleur gardien de but du monde depuis 2001, Thierry Omeyer est ainsi l'ultime rempart de l'équipe de France qui multiplie les triomphes dans les années 2000-2010.

Thierry Omeyer est né le 2 novembre 1976 à Mulhouse. Longtemps, son parcours sportif se conjugua avec celui de son jumeau, Christian. Basket-ball, tennis de table, tennis de manière plus assidue : les jumeaux tâtent de divers sports, se livrent même quelques duels dans la demeure familiale – Christian indiquera que c'est dans ces moments-là, mêlant complicité et agressivité, que Thierry s'est forgé la culture de la « gagne ». Les gamins optent finalement pour le handball et se trouvent en concurrence pour le poste d'arrière gauche dans l'équipe scolaire de la ville de Thann. Vers dix ans, Thierry s'essaye au poste de gardien de but. Il ne quittera plus la « cage ». Les jumeaux poursuivent leur parcours commun : lycée sport-études de Strasbourg, licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives, débuts en première division française au sein du club de Sélestat en 1996.

En 1999, Thierry Omeyer est appelé pour la première fois en équipe de France. La complicité entre les deux frères est telle qu'il ne savait pas comment annoncer la nouvelle à son jumeau – le parcours sportif commun s'achevait en effet, car Thierry va connaître la gloire alors que Christian ne franchira pas le cap. En 2000, le meilleur club français, Montpellier, engage Thierry, Christian continuant de jouer à Sélestat. Au sein du Montpellier Handball, Thierry Omeyer se trouve en concurrence avec Bruno Martini, champion du monde avec les « Barjots » en 1995. Cette concurrence se transforme rapidement en saine émulation. Thierry Omeyer apprend beaucoup en compagnie de son aîné et connaît la réussite avec son club. À cinq titres de champion de France (2002-2006) et cinq Coupes de France (2001-2003, 2005, 2006), il ajoute en 2003 une victoire en Ligue des champions, à l'issue d'un succès en finale face au club espagnol de Pampelune (19-27, 31-19). En 2006, il décide de tenter sa chance à l'étranger et rejoint le club allemand de Kiel, ce qui lui permet d'évoluer dans le meilleur championnat national du monde. Il devient le titulaire indiscutable du poste : Henning Fritz, légende du handball allemand, est relégué sur le banc de touche, alors que le Suédois Mattias Andersson, un autre gardien de but du club, ne peut rivaliser avec le Français. En 2007, en 2010 et en 2012, avec Kiel, Thierry Omeyer remporte de nouveau la Ligue des champions. En 2013, Thierry Omeyer quitte l’Allemagne et revient jouer dans son ancien club, le Montpellier Handball, puis il s’engage en 2014 avec le Paris-Saint-Germain, avec lequel il gagne deux nouveaux titres de champion de France en 2015 et 2016, ainsi qu’une Coupe de France en 2015.

En équipe de France, Thierry Omeyer brille rapidement. Dès 2001, il connaît la consécration. Le Championnat du monde se déroule en France, et, à l'issue d'une finale haletante face à la Suède au Palais omnisport de Paris-Bercy (28-25 après prolongation), les « Costauds », emmenés par le talentueux Jackson Richardson, sont champions du monde. Omeyer est élu meilleur gardien de but du tournoi. Les bons résultats s'enchaînent (médaille de bronze au Championnat du monde en 2003, puis en 2005). En 2006, l'équipe de France remporte le Championnat d'Europe qui se déroule en Suisse (victoire 31-23 en finale face à l'Espagne). Omeyer se voit de nouveau désigné meilleur gardien de but de la compétition.

Et vient, en 2008, la consécration olympique. La part de Thierry Omeyer dans le triomphe français aux jeux Olympiques de Pékin est essentielle. Face à l'Islande, en finale (28-23), il décourage rapidement les attaquants adverses qui, même dans une position favorable, se heurtent à une muraille : Thierry Omeyer repousse, ce 24 août 2008, vingt-trois tirs des joueurs nordiques, ce qui est hors norme à ce niveau. Il est élu meilleur gardien de but du tournoi.

À l'issue de la finale victorieuse, Thierry Omeyer évoque « l'harmonie, le savoir-faire, la sérénité d'un groupe arrivé à son plein épanouissement ». Il refuse de mettre en avant sa performance individuelle, bien que celle-ci ait été le socle du succès français, car « on a joué ensemble, parce que cette notion de groupe, cette envie et ce besoin de partager ont animé notre parcours ici à Pékin ». Et il parle, bien sûr, de son jumeau, qui n'a pas pu suivre la finale car il disputait un tournoi en Suisse avec son club de Sélestat. Cette année-là, il est élu meilleur joueur du monde, une distinction rare pour un gardien de but.

En janvier-février 2009, lors du Championnat du monde en Croatie, il continue de briller. En finale, le 1er février, face au pays hôte, il réalise plusieurs arrêts décisifs aux moments clés du match, et la France bat la Croatie (24-19). Thierry Omeyer est, bien sûr, élu meilleur gardien de but de la compétition. En janvier 2010, lors du Championnat d’Europe en Autriche, Thierry Omeyer est une nouvelle fois un élément essentiel de la victoire de l'équipe de France. Il rassure ses coéquipiers en difficulté lors du premier tour, puis multiplie les parades aux moments clés de la demi-finale face à l’Islande (36-28), puis de la finale contre la Croatie (25-21). Avec les Bleus, il a donc remporté consécutivement les trois compétitions majeures : jeux Olympiques, Championnat du monde et Championnat d'Europe, réalisant un triplé inédit. En janvier 2011, lors du Championnat du monde disputé en Suède et de nouveau remporté par l’équipe de France, Thierry Omeyer est élu meilleur gardien de but de la compétition. Lors de la finale face au Danemark, il se trouve pourtant en difficulté durant presque toute la partie, mais il réalise aux moments clés, durant la prolongation, deux arrêts décisifs qui font basculer le match en faveur des Bleus (37-35).

Alors que certains le disaient sur le déclin, Thierry Omeyer réalise de nouveau un tournoi remarquable aux jeux Olympiques de Londres, en 2012. En quart de finale contre l’Espagne, les Tricolores se trouvent en difficulté, mais il multiplie les prouesses en seconde période, et ses partenaires arrachent sur le fil la victoire (23-22). En demi-finale, il arrête vingt-huit tirs croates, un chiffre considérable, et élimine presque à lui seul les coéquipiers d’Ivano Balic (25-22). Enfin, en finale, dès le début du match, il met en échec les puissants Suédois, ouvrant la voie à un nouveau triomphe de l’équipe de France (22-21). Il est élu meilleur gardien de but du tournoi.

Blessé à un coude en octobre 2013, il réussit à se remettre plus vite que prévu, et il peut participer, en janvier 2014, au Championnat d’Europe au Danemark. Il partage le temps de jeu avec Cyril Dumoulin, qu’il conseille et encourage, et il se montre décisif en finale face au Danemark : en début de rencontre, il arrête tous les tirs danois durant près de 10 minutes ; les adversaires des Bleus ont déjà rendu les armes, et il a réduit au silence les quatorze mille supporters vêtus de rouge présents dans les gradins de la salle d’Herning. Après cette entame de match, l’équipe de France peut donner un de ses plus beaux récitals, et elle s’impose à l’issue d’un match très spectaculaire (41-32).

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « OMEYER THIERRY (1976- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/thierry-omeyer/