TAIJI QUAN ou TAI-CHI-CHÜAN

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Taiji quan (tai-chi-chüan en transcription française, ou plus simplement tai-chi) signifie « boxe du faîte suprême ». Dans cet art martial, la recherche du faîte suprême, c'est-à-dire de l'axe d'où procèdent tous les changements, est fondamentale. Composant un enchaînement de mouvements (zoujia) exécutés en position debout, il s'exerce seul ou avec un partenaire, suivant deux types d'exercices, appelés « poussée des mains » (tuishou) et « dispersion des mains » (sanshou), plus particulièrement destinés à travailler l'aspect combatif, car chaque mouvement de l'enchaînement correspond à une défense ou à une attaque.

Pendant l'exécution de ces mouvements, le pratiquant exerce plusieurs points, tels que la souplesse des articulations, la rondeur, l'harmonie, l'alternance du yin et du yang, la détente du corps et de l'esprit, l'unité du mouvement, la respiration, la circulation du souffle/énergie (qi en chinois), l'attention, la perception de soi dans l'environnement.

Pratique du Qigong

Pratique du Qigong

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Ces membres d'une école Qigong manifestent en mars 2007 leur soutien aux jeux Olympiques de Pékin par des exercices collectifs. 

Crédits : China Photos/ Getty

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Les techniques chinoises de combat à mains nues ont été classées en deux catégories : celles des écoles exotériques mettant l'accent sur la force musculaire et les prouesses martiales, en général rattachées à la tradition bouddhique (comme la boxe Shaolin), et celles des écoles ésotériques plutôt rattachées au taoïsme, dont font partie notamment le taiji quan, le xingyi quan (boxe du corps et de la pensée) et le bagua quan (boxe des huit trigrammes).

Selon la légende, le taiji quan aurait été inventé par le sage taoïste Zhang Sanfeng des monts Wudang (province du Hubei) où se développa un culte au Guerrier noir (Zhenwu ou Xuanwu), une divinité qui préside aux rituels exorcistes comprenant des combats à mains nues ou avec armes contre les démons. Cette légende rattache le taiji quan à ces rituels exorcistes.

L'histoire, elle, attribue la création du taiji quan à Chen Wangting (1600-1680), militaire d'une famille de milices dans un petit village de la province du Henan du nom de Chenjiagou, « Vallée de la famille Chen ». L'art se perpétua dans cette famille jusqu'à nos jours. Il se diffusa aussi dans toute la Chine grâce à quatre personnalités principales autour desquelles se constituèrent des écoles : Yang Luchan (1789-1872), à l'origine de la forme la plus répandue du Taiji quan, le style Yang ; Wu Yuxiang, qui créa le style Wu ; Wu Jianquan (1870-1942), à l'origine d'un autre style Wu (les deux caractères Wu ne sont pas les mêmes) ; enfin Sun Lutang, à l'origine du style Sun.

—  Catherine DESPEUX

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Catherine DESPEUX, « TAIJI QUAN ou TAI-CHI-CHÜAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/taiji-quan-tai-chi-chuan/