SYSTÈMES INFORMATIQUESSystèmes d'aide à la décision

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Différences entre un système opérationnel et un système décisionnel

Les systèmes « opérationnels » ou « de gestion », également appelés systèmes OLTP (on-line transaction processing), sont dédiés aux métiers de l'entreprise pour les assister dans leurs tâches de gestion quotidiennes et donc directement opérationnels. La tendance est à l'utilisation de P.G.I. (progiciels de gestion intégrée) qui regroupent tous les logiciels de gestion de l'entreprise – finances, ressources humaines, logistique, ventes, etc. – en un unique progiciel paramétrable aux règles de l'entreprise, organisé autour d'une base de données, réduisant ainsi les coûts de communications entre applications.

Les systèmes « décisionnels », également appelés OLAP (on-line analytical processing), sont dédiés au management de l'entreprise pour l'aider au pilotage de l'activité, et donc indirectement opérationnels. Ils offrent au décideur une vision transversale de l'entreprise. La tendance pour réaliser un système décisionnel est à la mise en place d'un entrepôt de données.

Bien que les systèmes d'informations OLTP et OLAP aient le point commun de regrouper les données de l'entreprise dans un S.G.B.D. (système de gestion de bases de données) et d'en fournir l'accès aux utilisateurs, ils présentent de profondes différences, présentées ci-dessous.

Au niveau des données

Dans un système OLTP, les données ne sont conservées que sur une courte période ; elles sont détaillées, personnelles, identifiées (une facture appartient à une personne précise) et représentent généralement en volume quelques centaines de mégaoctets, voir quelques gigaoctets.

Dans un système OLAP, les données sont historisées et peuvent être agrégées. Elles peuvent aussi être anonymes ; il suffit de savoir qu'un client de tel type a effectué tel achat, l'identification n'est pas obligatoire pour en tirer des renseignements. Mais l'anonymisation des données dans l'entrepôt peut gêner la recherche d'un lien entre les différents événements concernant un même individu. La base peut atteindre des volumes considérables, de l'ordre du téraoctet, voire du pétaoctet.

Au niveau du temps

Dans un système OLTP, les données connaissent deux temps : le temps de validité, qui correspond au moment où une information est vraie dans le réel, par exemple l'employé Pierre Raisin est embauché dans la société eCake le 1er février 2008, et le temps de transaction, qui correspond au moment où l'information est insérée dans la base de donnée et peut donc y être retrouvée ; ce ne sera par exemple qu'à partir du 3 février 2008 qu'une requête « select * from EMPLOYES » retournera également l'employé Pierre Raisin.

Dans un système OLAP, un autre temps – introduit en 1998 par Sylvianne Schwer – se rajoute : le temps d'extraction. Il correspond au moment où l'information a été extraite de la source et devient présente dans l'entrepôt. Par exemple, à partir du 4 février 2008, un comptage des employés de la société eCake dans l'entrepôt prendra en compte l'employé Pierre Raisin. Il est très important d'avoir conscience de ce décalage, qui a pour conséquence que l'information contenue dans l'entrepôt a un léger retard sur l'information contenue dans les sources, elle-même en retard sur sa survenue dans le réel. Le phénomène se reproduit à nouveau en présence de magasins de données alimentés à partir de l'entrepôt.

Au niveau des traitements

Dans un système OLTP, les requêtes sont généralement simples et répétitives, manipulant peu de pages grâce à une bonne optimisation des placements de données. Les traitements sont très sensibles aux performances ; en temps réel, le temps de réponse est au maximum de l'ordre de la seconde.

Dans un système OLAP, les requêtes sont complexes et variées, mettant en jeux des millions de lignes (par exemple recherche de toutes les ventes d'un produit, sur plusieurs années et plusieurs pays). Les traitements ont une échelle de performances différente ; les premiers systèmes décisionnels ont conquis leurs clients en répondant en quelques dizaines d'heures à des requêtes qui auraient précédemment mis des mois avant de trouver peut-être une réponse ; mais les utilisateurs sont devenus ensuite plus exigeant et les performances deviennent maintenant un des principaux thèmes de recherche dans les systèmes décisionnels.

Au niveau de la conception du schéma de données

La conception d'un système OLTP est dictée par les fonctionnalités à couvrir (par exemple, gérer des réservations de chambres d'hôtel). Sa première qualité est de produire un schéma stable pour plusieurs années.

Dans un système OLAP, la conception est orientée vers les sujets à étudier (par exemple, le comportement de la clientèle, les causes et les résolutions d'incidents). Le schéma de l'entrepôt est amené à évoluer et à subir de fréquents changements. Ces modifications sont dues aux évolutions pouvant survenir dans les sources et surtout aux besoins croissants des utilisateurs. Ces nouvelles demandes sont la preuve que le système décisionnel leur donne satisfaction et qu'ils en voient d'autres applications potentielles.

Au niveau des utilisateurs

Les utilisateurs d'un système OLTP sont les agents opérationnels de l'entreprise ; ils sont très nombreux à interagir avec le système d'information.

Les utilisateurs du système OLAP sont les dirigeants-décideurs ; ils sont peu nombreux.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 13 pages

Médias de l’article

Systèmes décisionnels : chaîne décisionnelle et entrepôt de données

Systèmes décisionnels : chaîne décisionnelle et entrepôt de données
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Systèmes décisionnels : ontologie

Systèmes décisionnels : ontologie
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Systèmes décisionnels : cube OLAP

Systèmes décisionnels : cube OLAP
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Systèmes décisionnels : stockage dans une matrice MOLAP

Systèmes décisionnels : stockage dans une matrice MOLAP
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur des Universités en informatique au Conservatoire national des arts et métiers, Paris

Classification

Autres références

«  SYSTÈMES INFORMATIQUES  » est également traité dans :

SYSTÈMES INFORMATIQUES - Systèmes de gestion de bases de données

  • Écrit par 
  • Bernd AMANN, 
  • Michel SCHOLL
  •  • 6 201 mots
  •  • 4 médias

Un système de gestion de bases de données (S.G.B.D.) est un ensemble de logiciels informatiques pour la gestion d'informations. Sa tâche principale est de fournir à des applications informatiques un support de stockage et de gestion de données à travers une interface de haut niveau. Il doit être capable de manipuler de très grands volumes de données d'une […] Lire la suite

SYSTÈMES INFORMATIQUES - Conception, architecture et urbanisation des systèmes d'information

  • Écrit par 
  • Sylvie SERVIGNE
  •  • 3 256 mots
  •  • 7 médias

Le système d'information est aujourd'hui un élément central du fonctionnement d'une organisation. Un système d'information peut être défini comme un ensemble de ressources (personnel, logiciels, processus, données, matériels, équipements informatique et de télécommunication...) permettant la collecte, le stockage, la structuration, la m […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Elisabeth METAIS, « SYSTÈMES INFORMATIQUES - Systèmes d'aide à la décision », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/systemes-informatiques-systemes-d-aide-a-la-decision/