PALME SVEN OLOF (1927-1986)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Premier ministre de Suède de 1969 à 1976 puis de 1982 à 1986.

Olof Palme et Kurt Waldheim, 1980

Photographie : Olof Palme et Kurt Waldheim, 1980

Le Premier ministre suédois Sven Olof Palme (1927-1986), à droite, et l'Autrichien Kurt Waldheim, secrétaire général des Nations unies, lors d'un mini-sommet organisé en 1980 par le président finlandais Kekkonen. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

Né le 30 janvier 1927, Olof Palme étudie aux États-Unis, puis en Suède. Alors qu'il milite au Parti social-démocrate, il est remarqué par le Premier ministre Tage Erlander et entre dans son équipe. Dès 1953, il participe à toutes les décisions importantes, occupant un poste mal défini de secrétaire personnel du Premier ministre, dont il est déjà pressenti comme le dauphin. Originaire de la haute bourgeoisie stockholmoise, il a cependant du mal à se faire accepter par les instances du parti, et il poursuit sa carrière sur deux plans : celui du cercle intime du pouvoir et celui des mass media. Il est élu au Riksdag (Parlement) en 1956, siège au gouvernement, sans portefeuille, en 1963, puis, de ministère en ministère, il fait son apprentissage d'homme d'État. De 1967 à son élection à la présidence du Parti social-démocrate, en 1969, il entreprendra à la tête de l'Éducation nationale plusieurs réformes importantes, notamment une généralisation des prêts pour étudiants. En 1965, à Gävle, dans le discours le plus retentissant de sa carrière, il critique la présence américaine au Vietnam ; ensuite, il se fait le défenseur d'une politique étrangère fondée sur la « neutralité active ». Celle-ci est entendue comme « le refus d'alliances en temps de paix pour sauvegarder la neutralité en temps de guerre », assorti d'un engagement moral. La Suède se déclare ainsi solidaire du Tiers Monde, et, en février 1968, on verra Palme défiler dans les rues de Stockholm aux côtés de l'ambassadeur nord-vietnamien à Moscou, provoquant une crise diplomatique aiguë avec les États-Unis. Intellectuel, parlant parfaitement l'anglais, l'allemand et le français, mordant jusqu'à l'agressivité, Palme est un type d'homme politique qui déroge aux mœurs scandinaves, fondées sur l'appareil fabriquant des bureaucrates effacés, des médiateurs et des technocrates. En 1969, il succède à Erlander comme chef de la social-démocratie et comme Premier ministre. La social-démocratie, qui obtient en 1968 la majorité absolue, a alors le vent en poupe : l'expansion économique et le progrès social semblent justifier tous les espoirs. Toutefois, constatant que le développement économique accroît l'écart entre les ressources des citoyens, Palme entend rétablir l'équilibre par une forte imposition sur les gros revenus. Il devra d'ailleurs bientôt affronter une vague de grèves sauvages, dont la plus importante est celle des mineurs de Laponie. Les grèves sauvages, provoquées par les cadences et par les conditions de travail, affectent la plupart des secteurs de l'industrie (l'automobile, la métallurgie, l'électronique), le textile et l'industrie alimentaire qui emploient surtout des femmes. La social-démocratie, exposée aux attaques de la gauche, de l'opposition « bourgeoise » et du patronat, n'est plus considérée comme une force politique, mais comme un establishment, coupable de ce qu'elle fait et de ce qu'elle ne fait pas. On parle d'une « continentalisation » de la Suède. L'image de marque de Palme, le « visionnaire », perd de son lustre, et le gouvernement se résigne à des improvisations et à des arrangements avec l'opposition. Les élections législatives de 1973, assombries par la mort du Gustave VI, se traduisent par un rééquilibrage des forces. À l'issue du scrutin, Olof Palme cherche la conciliation et signe en juin 1974 un accord avec les libéraux, évitant ainsi des élections anticipées. Battu aux élections de 1976 par la coalition de l'opposition bourgeoise, Palme se retire (il reste néanmoins à la tête de son parti). En 1982, il retrouve le fauteuil de Premier ministre après une victoire de justesse des sociaux-démocrates. Il est assassiné en plein centre de Stockholm le 28 février 1986 pour des raisons qui n'ont jamais été élucidées. Après trente-quatre ans d’investigations, le parquet clôt l’enquête en juin 2020, désignant un coupable présumé décédé en 2000.

Pacifiste convaincu, partisan du dialogue Nord-Sud, Olof Palme faisait entendre la voix de la Suède dans le monde.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  PALME SVEN OLOF (1927-1986)  » est également traité dans :

SUÈDE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Michel CABOURET, 
  • Maurice CARREZ, 
  • Georges CHABOT, 
  • Jean-Claude MAITROT, 
  • Jean-Pierre MOUSSON-LESTANG, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Claude NORDMANN, 
  • Jean PARENT
  • , Universalis
  •  • 35 817 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Le gouvernement »  : […] Le gouvernement ( Regering ) se compose du Premier ministre ( Stats minister ) et des ministres ( Statsräd ). C'est désormais au président du Riksdag, après consultation du vice-président et des représentants des partis siégeant au Parlement, qu'il appartient de désigner le Premier ministre dont le choix définitif est soumis à l'approbation des parlementaires. La désignation est réputée acceptée […] Lire la suite

Pour citer l’article

Karl KOEHLER, « PALME SVEN OLOF - (1927-1986) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sven-olof-palme/