DECOSTERE STEFAAN (1955- )

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Le vidéaste belge Stefaan Decostere s'intéresse aux modes de production de l'image dans leur simple technicité mais aussi dans les contenus qu'ils véhiculent. La vidéo devient ainsi un outil capable d'explorer tous les champs possibles de l'image mouvante (cinématographique, télévisuelle, nouvelles technologies) tout en étant simultanément le discours qui permet l'interrogation et celui qui pose les conditions d'une telle interrogation.

Né en 1955, à Courtrai (Belgique), Stefaan Decostere travaille essentiellement pour la télévision avec des moyens vidéo qui parlent eux-mêmes de la télévision, du cinéma, de la vidéo, en un dialogue permanent de l'image avec elle-même. Parmi ses nombreuses réalisations, on citera la série de 1987 (cinq fois 52 minutes), produite par le B.R.T., intitulée Charbon-Velours ; elle comprend cinq parties thématiques relatives à l'image filmique qui donnent clairement l'idée des projets de Decostere : « Films muets » traite du problème de la restauration des films muets à travers deux œuvres, Metropolis ? de Lang, et L'Inhumaine ? de L'Herbier ; dans « Vampire », il s'agit des renversements divers pouvant s'opérer entre l'horreur de l'image et l'image de l'horreur grâce à de grands classiques comme les films de Dreyer ou de Murnau ; avec « Passage(s) », c'est l'apparition même des technologies qui ont permis de nouvelles formes artistiques qui est analysée ; dans « Jardins : cadrages et séquences », il est question des relations entre l'architecture paysagiste et la dramaturgie cinématographique, toujours illustrées par des extraits de films de Welles, Resnais, Hathaway, Greenaway, Raúl Ruiz, entre autres ; enfin, « Le Corps en ruine » s'interroge sur la représentation du corps à travers les nouvelles technologies, notamment les images des films fantastiques ou de science-fiction. Cette série n'est pas qu'un assemblage ou un collage réussi de morceaux d'autres films ou d'autres émissions, puisque des philosophes, des scientifiques, des techniciens, des cinéastes... interviennent de temps à autre pour parler de problèmes propres à l'image et à son discours. Entre le documentaire et l'essai, la fulgurance immédiate de l'image et le déroulement d'une pensée, il s'agissait pour Decostere de montrer, au sens littéral, comment une image pouvait être comprise comme son propre métalangage. Stéphanie Moisdon souligne cette démarche suivie par l'artiste dans Vidéo et après, catalogue de la collection du Musée national d'art moderne, Paris, 1992. En rendant compte de l'histoire qui l'a précédée dans différents médias, la vidéo affirme sa mémoire en même temps qu'elle construit son futur.

Stefaan Decostere continue à présenter ses installations vidéo (Tulipes pour les Pays-Bas, 1994) au festival de La Haye. Citons également Impérial TV (1992) présenté au Z.K.M., institut des supports visuels de Karlsruhe, @Holyking (1995) au festival Triplex à Amsterdam, Warum 2.0 (2008) au Stuk de Louvain puis au V2_ Institute for the Unstable Media de Rotterdam. En 1997, il organise un site Internet, The Party, comme une réflexion autour de la Résistance et de la ville. Il participe également à une performance et une installation, autour d’une caméra de vidéosurveillance, Meurtre dans les médias, au Museum De Plate d’Ostende en 2008.

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Écrit par :

  • : professeur en esthétique à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, critique d'art

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Jacinto LAGEIRA, « DECOSTERE STEFAAN (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stefaan-decostere/