Sonate en si mineur, LISZT (Franz)

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Auteur

En 1831, après avoir entendu Paganini, Liszt décide d'adapter au piano l'extrême virtuosité développée par le violoniste. À 33 ans, il entreprend une carrière de virtuose et parcourt l'Europe. Nommé en 1848 maître de chapelle à la cour de Weimar, il dirige de nombreuses créations (Berlioz, Schumann, Wagner...), donne des cours, compose énormément. De 1861 à 1869, il vit à Rome, où le titre d'abbé lui est conféré par le pape Pie IX. De 1869 jusqu'à sa mort, il se partage principalement entre Rome, Weimar et Budapest. Son catalogue, considérable, comporte de la musique sacrée, des œuvres pour orchestre, des pièces pour piano...

Genre - Sonate cyclique

La sonate classique répond au schéma suivant : exposition (parfois précédée d'une introduction lente), développement et réexposition (et, éventuellement, coda, sorte de développement final). L'évolution du genre suit deux directions, qui fondent la sonate dite cyclique : ou bien les trois mouvements sont liés par un ou plusieurs thèmes qui reviennent constamment tout en se transformant ; ou bien la synthèse des trois mouvements traditionnels est opérée dans un seul mouvement. Dans les deux cas, la répétition ou la variation des thèmes assure l'unité de l'œuvre.

Forme

Dans sa Sonate pour piano en si mineur, unique en son genre et inimitée, d'une durée inhabituelle - quelque trente minutes -, en un seul mouvement, Liszt fait éclater la forme sonate par l'usage du principe cyclique. Cette œuvre comporte six thèmes, traités comme autant d'entités dramatiques. Les trois premiers sont présentés en moins de 30 mesures : le thème 1, à peine audible, lent et mystérieux, dans l'introduction ; le thème 2, énergique et martelé, immédiatement suivi du thème 3, agressif et ricanant, dans le début de l'exposition, allegro.

Esthétique

Liszt lutte contre l'hégémonie de la musique allemande. Il s'appuie sur le folklore tsigane, auquel il emprunte les modes musicaux et le chromatisme (utilisation d'une gamme qui divise l'octave en douze intervalles égaux, d'un demi-ton chacun), qui laisse présager les musiques du XXe siècle. Il crée le poème symphonique, dont l'architecture formelle repose sur un prétexte littéraire ou poétique. Et, surtout, il invente la technique du piano moderne, qui devient, avec lui, l'égal de l'orchestre.

—  Alain FÉRON

Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

Voir aussi

Pour citer l’article

Alain FÉRON, « Sonate en si mineur, LISZT (Franz) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sonate-en-si-mineur-liszt-franz/