U THANT SITHU (1909-1974)

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Secrétaire général de l'O.N.U. de 1961 à 1971. Né à Pantánaw en Birmanie, U Thant, après des études primaires à l'école de sa ville natale, entre à l'University College de Rangoon où ses dons naturels lui valent d'être élu secrétaire de plusieurs associations philosophiques et littéraires. En 1928, il retourne enseigner au lycée de Pantánaw ; il y fait une carrière remarquable autant que rapide : en 1931, il est nommé directeur de l'école de Pantánaw, avant d'en être promu super-intendant.

Le mouvement nationaliste est alors en plein essor ; bien que se distinguant de certains dirigeants à qui il reproche le recours à la violence contre les Britanniques, U Thant se montrera favorable à leur action. En mai 1942, alors que la Birmanie est passée sous la coupe japonaise, il est nommé secrétaire de la Commission birmane de réorganisation de l'enseignement, mais, l'année suivante, il reprend la direction de l'école de Pantánaw, poste qu'il occupe encore pendant quatre ans.

En 1947, quelques mois avant la date fixée pour l'accession de la Birmanie à l'indépendance, il se voit confier la direction des services de presse du gouvernement U Nu, puis, en 1948, celle de la radiodiffusion. Nommé secrétaire général au ministère de l'Information en 1949, il fera partie en 1951 des missions birmanes de bons offices en Thaïlande et en Indonésie.

En 1953, le Premier ministre le charge de son secrétariat spécial pour les projets de première importance, et cette fonction lui permettra de donner la mesure de ses talents diplomatiques.

En 1955, assumant les fonctions de secrétaire général du Conseil économique et social, il participe, en cette qualité, aux travaux de nombreuses organisations birmanes.

En avril 1955, il assiste, en qualité de conseiller du chef du gouvernement, à la conférence afro-asiatique de Bandung (Indonésie), dont le président Senghor devait dire « qu'elle avait été le plus grand coup de tonnerre dans l'histoire depuis la Renaissance ».

En 1957, il devient le représentant permanent de la Birmanie auprès des Nations unies, avec le rang d'ambassadeur. Dès les premiers mois de son mandat, le jeune accrédité impressionne par son sens de la modération, par la fermeté de ses principes et la subtilité de son argumentation. La rigueur de son jugement, son intégrité morale, ses qualités intellectuelles lui ménagent très vite l'estime de la plupart de ses collègues, ceux du Tiers Monde en tout premier lieu.

Une responsabilité exceptionnelle accroît alors son prestige : la présidence du comité algérien du groupe afro-asien. Proposé par les représentants du F.L.N. à New York, il est choisi par l'ensemble du groupe comme étant la personnalité la plus digne d'occuper ce poste. Élu vice-président à la quatorzième session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York en 1959, il est nommé en 1961 président de la commission de conciliation des Nations unies pour le Congo ainsi que du comité des Nations unies pour un fonds de développement de ce comité.

Le 3 novembre de cette même année, après la mort de Dag Hammarskjöld et sur la recommandation du Conseil de sécurité, il est élu secrétaire général par intérim de l'O.N.U. et sera confirmé dans ces fonctions le 30 novembre 1962. U Thant va alors entreprendre une série de voyages officiels dans plusieurs pays, notamment à Cuba au moment de la crise cubano-américaine, en Suède, au Danemark, au Royaume-Uni, en Norvège, en Suisse, en France, en U.R.S.S.

Au début d'août 1963, il est invité par les gouvernements soviétique, américain et britannique à participer à la cérémonie de la signature du traité de Moscou sur l'interdiction des essais nucléaires.

Fréquemment mandaté par le Conseil de sécurité, U Thant tente de trouver des solutions aux conflits sanglants qui éclatent à travers le monde, en particulier au Congo, à Chypre, aux frontières du Pakistan et de l'Inde.

Il s'efforce aussi de remédier à la grave crise financière des Nations unies et insiste pour que l'Indonésie revienne sur sa décision de quitter l'organisation.

En janvier 1965, à l'occasion du vingtième anniversaire de l'O.N.U., il ouvre l'année de coopération internationale par un message spécial et, en février, participe au colloque international sur Pacem in terris organisé à New York pour l'étude des conditions de la paix mondiale à la lumière de l'encyclique de Jean XXIII.

Bien qu'ayant fait connaître sa décision de démissionner en raison de l'impossibilité où il était d'influer sur la solution de la guerre du Vietnam, il est réélu le 2 décembre 1966 secrétaire général de l'O.N.U. pour un deuxième mandat de cinq ans. À l'expiration de ce mandat, il refuse le troisième mandat qui lui est proposé.

U Thant a été le premier non-Européen à accéder à cette fonction.

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Paul MORELLE, « U THANT SITHU - (1909-1974) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sithu-u-thant/