SIMA XIANGRU [SSEU-MA SIANG-JOU] (env. 179-117 av. J.-C.)

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Sima Xiangru est un des grands noms de la littérature chinoise. Les Chinois en parlent avec un sourire, car sa vie, marquée par une aventure assez unique dans l'histoire du pays, est aussi célèbre que son œuvre.

Bien qu'à travers les siècles de l'histoire chinoise postérieure nombre d'auteurs aient critiqué les exagérations des fu de Sima Xiangru, son nom est resté pour beaucoup d'autres, et même parfois pour les mêmes, l'équivalent de poète, comme on appelle un chasseur un Nemrod. C'est dire à nouveau la place qu'il tient dans l'histoire littéraire de la Chine.

Un non-conformiste

Sima Xiangru est né aux confins de la Chine de l'Ouest. La fortune de sa famille lui permit d'entrer dans le corps des gentilshommes de la cour impériale. Mais son indépendance d'esprit et son goût pour la littérature lui firent bientôt quitter ce poste pour se joindre à un petit groupe de lettrés qu'avait réunis un généreux mécène, le roi de Liang, dans la Chine de l'Est. C'est là qu'il commença son œuvre littéraire et devint peu à peu célèbre. Quelques années plus tard, alors que le poète avait environ trente-cinq ans, le roi de Liang mourait et Sima Xiangru, démuni de toutes ressources, regagnait son pays natal. Invité par les hommes riches de sa région, il réussissait chez l'un d'eux à séduire par ses talents musicaux la fille de son hôte, Zhuo Wenjun, veuve depuis peu de temps. Et, la nuit même, la jeune femme allait se donner à son séducteur. C'était un scandale : un mariage sans l'autorisation des parents et sans les rites consacrés, en même temps que le remariage d'une veuve. Le père, furieux, déshérita sa fille, mais le jeune couple s'installa comme cabaretiers sur le marché de la ville et le père, toute honte bue, dut leur donner une part d'héritage qui faisait d'eux des gens riches. Cette histoire, demeurée célèbre, sera le sujet, bien des siècles plus tard, de plusieurs pièces de théâtre. Quelques années après ces événements, un nouvel empereur, Wudi, féru de littérature, avait eu l'occasion de lire un des premiers poèmes de Sima Xiangru, qu'il croyait mort. Quand il apprit par [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-VII, directeur de l'Institut des hautes études chinoises au Collège de France

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FU [FOU], genre littéraire chinois

  • Écrit par 
  • Yves HERVOUET
  •  • 1 603 mots

Dans le chapitre « Le fu des Han »  : […] Tels sont les antécédents de ce genre littéraire qui apparaît sous le nom de fu avec la dynastie des Han (206 av.-220 apr. J.-C.). Le caractère de poésie de cour, avec les effets de vocabulaire et de style qui lui sont propres, est l'élément commun de ces divers antécédents. Des premiers fu des Han, on ne possède que le titre : il est probable qu'ils dev […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fu-fou-genre-litteraire-chinois/#i_18578

Pour citer l’article

Yves HERVOUET, « SIMA XIANGRU [SSEU-MA SIANG-JOU] (env. 179-117 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sima-xiangru-sseu-ma-siang-jou/