SCIENCES ET CURIOSITÉS À LA COUR DE VERSAILLES (exposition)

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Les sciences ont bien été présentes à la cour de Versailles. Déterminer si les rois et leur entourage les considéraient comme de véritables disciplines intellectuelles, ou comme de simples raretés divertissantes et singulières, tel était l'objectif de l'exposition Sciences & curiosités à la cour de Versailles, accueillie au château de Versailles du 26 octobre 2010 au 3 avril 2011.

Plus de trois cents œuvres de toute nature ont été réunies à cette occasion : documents iconographiques, textes imprimés et manuscrits, mais aussi et surtout de nombreux instruments scientifiques, objets d'art ou pièces anthropologiques. Celles-ci font partie des collections de plusieurs établissements héritiers des fondations et des collections royales et princières, tels l'Académie des sciences, le Muséum national d'histoire naturelle ou l'Observatoire de Paris, ainsi bien sûr que des collections propres au château. Ces éléments ont été mis en scène grâce à une muséographie innovante mêlant nouvelles technologies et recréation d'espaces « à l'ancienne », comme des vitrines à l'aspect de serres. La toute première salle de l'exposition unissait parfaitement ces deux aspects. En effet, une reproduction du globe céleste de Coronelli (représentant l'état du ciel à la naissance de Louis XIV) surplombait la projection sur un écran à 3600 d'un film entièrement en haute définition, dont le tournage a sollicité les techniciens les plus chevronnés, et qui plongeait le visiteur dans les dix-sept lieux différents du château et de son domaine où la science s'est exprimée (application, enseignement, expérimentations, démonstration).

Fondée en 1667 par Louis XIV, l'Académie royale des sciences rassemble une soixantaine de savants, y compris étrangers, qui se réunissent deux fois par semaine non pas à Versailles mais au Louvre, comme le rappelle la deuxième salle qui présente les principaux protagonistes de l'exposition. Bien que le plus grand protecteur des sciences ne vive pas à Paris, c'est dans cette ville que se concentre la majeure partie de la production scientifique du pays. Néanmoins, certains académiciens, et notamment l'abbé Bignon (1662-1743) qui joue au début du xviiie siècle le rôle de ministre de la Culture, se mêlent régulièrement à la foule des courtisans ainsi qu'aux ministres du roi pour présenter à Versailles leurs découvertes et obtenir des subventions royales qui leur permettront de mener à bien leurs recherches. Par ailleurs, d'autres savants non académiciens tels que les médecins, chirurgiens ou jardiniers du roi sont présents en permanence à la cour. On le voit, si la production des savoirs peut avoir lieu ailleurs, c'est bien à partir de Versailles qu'elle est possible et qu'elle trouve sa consécration.

Avant même que Louis XIV n'en fasse le centre de gravité de l'activité scientifique française en s'y installant, Versailles représente pour les savants un terrain d'expérimentation sans précédent. Le site choisi est en effet marécageux et irrégulier. Il nécessite par conséquent d'être savamment domestiqué pour répondre aux attentes du souverain. Ainsi l'abbé Picard, dans le domaine de l'arpentage et du nivellement, fait-il de significatives avancées théoriques, mais surtout techniques par le biais de nouveaux instruments. Quant aux jardins (représentés sur le sol de la salle consacrée à ce grand chantier) et à leur alimentation en eau, ils permettent à Mariotte, La Hire ou Römer de mener de nombreuses expérimentations sur la résistance des matériaux ou le débit et la pression hydrauliques. Ces expérimentations trouvent leur couronnement dans la machine de Marly qui permet d'élever l'eau à plus de 150 mètres. Plusieurs plans et représentations ont été exposés.

Même après les travaux, le château et ses dépendances continuent à offrir de nombreuses ressources pour la recherche, notamment par le biais d'espaces spécifiques comme la ménagerie, qui fournit aux savants les cadavres de ses animaux pour des études anatomiques, ou le potager du roi et les jardins de Trianon, où les botanistes tentent d'acclimater des plantes exotiques. Des instruments coûteux acquis par les princes, tels que les miroirs ardents, sont aussi mis gratuitement à la disposition des savants.

Enfin, les deux derniers espaces d'exposition rappellent aux visiteurs que plusieurs grands personnages de Versailles se sont passionnés p [...]

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Justine ANCELIN, « SCIENCES ET CURIOSITÉS À LA COUR DE VERSAILLES (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-et-curiosites-a-la-cour-de-versailles-exposition/