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DORGELÈS ROLAND (1886-1973)

J. Zimmermann, J. Kessel, R. Dorgelès

J. Zimmermann, J. Kessel, R. Dorgelès

De son vrai nom Laurent Lecavelé, Roland Dorgelès est né à Amiens en 1886. Après de brèves études à l'École des beaux-arts de Paris, il opte pour le journalisme et mène la vie de bohème de l'époque, jusqu'à la guerre, qu'il fait, dès 1914, comme engagé volontaire dans l'infanterie. Son livre, Les Croix de bois, lui vaut en 1919 à la fois la gloire et le prix Femina. Élu triomphalement à l'académie Goncourt en 1929, il accède à la présidence du jury en 1955, après la mort de Colette.

Au regard de la postérité, Roland Dorgelès risque de ne rester que comme l'auteur d'un seul livre, Les Croix de bois. Ce roman, considéré comme son chef-d'œuvre, décrit sans recherche particulière d'écriture la vie quotidienne des poilus pendant la Grande Guerre et se rattache au courant de littérature pacifiste de l'époque, auquel appartiennent également des œuvres comme Le Feu de Barbusse (1917), La Vie des martyrs de Duhamel (ibid.), À l'ouest rien de nouveau de E. M. Remarque (1929).

Le succès des Croix de bois va inciter Dorgelès à se consacrer à une activité littéraire que l'on peut partager en trois courants : la guerre et l'après-guerre, qui lui inspireront encore Drôle de guerre (1939), Retour au front (1940), Sous le casque blanc (1942), Carte d'identité (1945) et Bleu horizon (1949) ; les voyages, qui lui fourniront les thèmes de récits comme La Route mandarine (1925), Partir... (1926), La Caravane sans chameaux (1928), Route des tropiques (1944) ; les précieux souvenirs de l'époque montmartroise enfin, d'où naîtront Bouquet de bohème (1947), Au beau temps de la Butte (1962) et deux romans, dont le second est la réplique optimiste du premier, Le Château des brouillards (1932) et Le Marquis de la Dèche (1971). En marge de ces trois courants se situent Saint-Magloire (1922), histoire d'un personnage entraîné malgré lui vers la philosophie, et des romans satiriques comme Le Réveil des morts (1923), Tout est à vendre (1957) et À bas l'argent (1965).

Le sens du comique et de la facétie domine dans l'œuvre de Roland Dorgelès que la guerre aura finalement moins marqué que la fréquentation de la bohème montmartroise, sa collaboration aux journaux humoristiques de l'avant-guerre : Fantasio, Sourire, et son admiration pour Courteline, auquel il succéda à l'académie Goncourt.

— Paul MORELLE

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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J. Zimmermann, J. Kessel, R. Dorgelès

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Autres références

  • BEST-SELLER

    • Écrit par Pierre NORA
    • 3 388 mots
    • 3 médias
    ...l'histoire tragique n'a pas peu fait pour lui donner un nouvel essor. Bernard Grasset datait très précisément l'« ère des 100 000 » des Croix de bois (1919) de Roland Dorgelès (Albin Michel). Un des tout premiers titres à avoir, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, atteint le million fut également un...
  • PROUST, PRIX GONCOURT (T. Laget) - Fiche de lecture

    • Écrit par Norbert CZARNY
    • 1 094 mots
    • 1 média
    ...pensée et de la forme », avec une prédilection pour le roman. Face à Proust, un jeune journaliste, ancien combattant, a les faveurs de la critique. C’est Roland Dorgelès, qui vient de publier Les Croix de bois chez Albin Michel. Une maison d’édition qui s’y entend en matière de promotion.

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