GUÉDIGUIAN ROBERT (1953- )

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Né en 1953 à Marseille, Robert Guédiguian réalise son premier long-métrage en s'inscrivant dans le courant régionaliste qui marque le début des années 1980 : l'écriture de Dernier Été (1980) résulte de la tension entre la volonté de quitter sa ville natale (pour « monter » à Paris faire du cinéma) et celle de planter d'entrée le décor géographique et humain qui sera celui de toute son œuvre à venir : le quartier de l'Estaque, avec ses usines Kuhlmann et Lafarge fichées sur le littoral tout près du petit port de l'Espagne. Tourné avec une équipe de copains (et Frank Le Wita) qui incarnent des personnages proches de leur propre existence, le film saisit un moment de rupture où un monde que l'on croyait immuable bascule dans la crise. En effet, chômage, petits casses, farniente au café et virées dérisoires sont déjà d'un autre temps.

Dès son premier film, Robert Guédiguian a ainsi trouvé la forme et la thématique d'un univers cinématographique très personnel qu'il va explorer méthodiquement. En fait, Guédiguian est un cas : oublié au lendemain de Dernier Été, il tourne néanmoins les trois autres volets d'une première tétralogie de l'Estaque (ainsi qu'un téléfilm) qui connaissent une diffusion confidentielle avant que le cinéaste ne soit redécouvert quinze ans plus tard en 1995 par la critique (À la vie à la mort) puis plébiscité par le public avec Marius et Jeannette (1997). On trouve là les deux pans de son inspiration, à savoir drame et comédie, dans tous les cas des fables populaires tournées dans les lieux de son enfance avec les mêmes acteurs (Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, mais aussi Pascale Roberts ou Jacques Boudet) qui viennent incarner les histoires du groupe. Guédiguian parvient à réserver une place à l'utopie à l'intérieur de l'univers réaliste du monde du travail. Ses films sont passionnés, chauds et justes dans leur manière de mettre en scène le parler et le vécu d'ouvriers du Midi pleins de vie.

La Villa, R. Guédiguian

La Villa, R. Guédiguian

Photographie

« Nous avons cherché du côté de Tchekhov, dans ce monde clos : un film sur le monde qui change et le temps qui passe » (R. Guédiguian). Le choix d'une unité de temps et de lieu donne à La Villa (2017) sa tension particulière. Ici, de gauche à droite, Anaïs Demoustier, Ariane... 

Crédits : Gerard Meylan Agat Films & Cie/France 3 Cinema/Canal+/BBQ_DFY/ Aurimages

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Marius et Jeannette cultive le pittoresque dans les courettes où l'on vit les uns sur les autres avec bagarre à coups de poulpes et vrai [...]

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Écrit par :

  • : professeur honoraire d'histoire et esthétique du cinéma, département des arts du spectacle de l'université de Caen

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  • Écrit par 
  • Pierre EISENREICH
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Après s’être consacré à des fictions qui interrogeaient une généalogie arménienne dans Une histoire de fou (2015), LeVoyage en Arménie (2006) et L’Armée du crime (2009), apportant une dimension supplémentaire à une filmographie marquée par une suite d’œuvres sur Marseille et l’Estaque, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-villa/#i_50062

Pour citer l’article

René PRÉDAL, « GUÉDIGUIAN ROBERT (1953- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-guediguian/