EDWARDS ROBERT G. (1925-2013)

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Le Britannique Robert G. Edwards, né le 27 septembre 1925 à Batley près de Leeds, a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2010 pour la mise au point de la fécondation in vitro (FIV). Cette technique, qui a permis la naissance de millions d'enfants chez des couples infertiles, résulte d'une clairvoyance et d'une persévérance exceptionnelles.

Robert G. Edwards

Photographie : Robert G. Edwards

Avec son collègue Patrick Steptoe, Robert G. Edwards (1925-2013) réussit les premières fécondations in vitro d'un ovocyte humain. Ces œufs fécondés ont ensuite été implantés dans l'utérus. Le premier bébé issu de cette pratique, Louise Brown, naît le 25 juillet 1978. La technique... 

Crédits : Corbin O'Grady Studio/ SPL France

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S'appuyant sur des travaux réalisés chez l'animal à partir de la fin du xixe siècle et qui connaissent une véritable explosion de résultats à la fin des années 1960, Edwards cherche dès lors à développer le procédé chez l'être humain pour lutter contre l'infertilité, laquelle touche près de 10 % de la population mondiale et est principalement due à des dysovulations ou à une altération des trompes utérines chez la femme, ou du sperme chez l'homme. La fécondation en laboratoire apparaît donc comme une alternative.

Néanmoins, le processus de fertilisation est longtemps resté mal connu. Il a fallu comprendre et contrôler le processus de maturation de l'ovocyte, trouver des conditions de culture et de fertilisation adéquates, activer les spermatozoïdes en laboratoire pour les rendre aptes à la fécondation... Autant de découvertes fondamentales qui conduisent à réaliser, en 1969, la première fertilisation d'un ovocyte humain in vitro ; mais cet ovocyte ne se divise pas dans ces conditions, ou très peu.

La rencontre d’Edwards avec le gynécologue Patrick Steptoe (1913-1988), pionnier de la laparoscopie (ou cœlioscopie), sera déterminante et permettra au physiologiste d'obtenir enfin des morulae de huit cellules à partir d'ovocytes fécondés in vitro. Après plusieurs essais infructueux de réimplantation de ces morulae, la naissance de Louise Brown, premier « bébé-éprouvette », le 25 juillet 1978, marque un tournant historique dans la médecine de la reproduction. Edwards et son équipe fondent en 1980 à Cambridge la Bourn Hall Clinic, qui restera jusqu'en 1986 le premier centre mondial de FIV et, surtout, un lieu de formation pour les équipes du monde entier.

Un second type de difficultés apparaît dès 1981, année au cours de laquelle le Conseil médical de la recherche britannique décide de supprimer ses subventions à Edwards et Steptoe – qui poursuivent néanmoins leurs travaux grâce à des fonds privés – en raison de craintes sur la sécurité des embryons et des enfants... Ces craintes se sont depuis lors révélées exagérées ; ainsi, en 2019, en France, 2,9 % des nouveau-nés ont été conçus par FIV, et la croissance des 400 000 enfants nés grâce à cette technique depuis 1982 (naissance d’Amandine) dans le pays s’est avérée normale. Parallèlement, de vives oppositions s’élèvent, fondées sur des arguments politiques (contrôle des naissances) ou dogmatiques. Des responsables religieux, en particulier au Vatican, critiquent d’ailleurs vivement l’attribution de ce prix Nobel. Edwards participe activement au débat que suscitent ses recherches, et ce dès 1971, avec un article visionnaire, qu’il écrit en collaboration avec l'avocat David Sharpe, posant ainsi les fondements d'une « bioéthique ». Il poursuivra ses travaux sur les questions éthiques soulevées par la médicalisation de certains aspects de la reproduction humaine jusqu’à la fin de sa vie.

Robert Edwards meurt le 10 avril 2013 près de Cambridge.

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Pour citer l’article

Charlotte POMMIER, « EDWARDS ROBERT G. - (1925-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-g-edwards/