RENONCULES

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Dans la flore d'Europe, les nombreuses renoncules sont toutes très toxiques. Elles renferment un principe âcre, irritant, analogue à l'anémonine des anémones, produit de la polymérisation d'une substance initiale, la protoanémonine. Les plus vénéneuses sont la renoncule scélérate des lieux humides et des étangs, et la thora des montagnes calcaires, mais les communs boutons d'or et les espèces aquatiques à fleurs blanches peuvent aussi provoquer des troubles graves. Les empoisonnements sont rares de nos jours : la causticité des sucs fait que les accidents se limitent généralement à des brûlures buccales. Ingérées, les renoncules produisent de vives inflammations de tout l'appareil digestif et urinaire, des symptômes cholériformes, de l'hématurie. Des séquelles sont à redouter, au niveau rénal en particulier ; l'issue peut être fatale. C'est surtout au temps de la médecine empirique que les renoncules ont provoqué des empoisonnements : certains n'hésitaient pas alors à les prescrire en usage interne, en particulier contre les dermatoses. Leur usage externe en rubéfiantes et vésicantes (goutte, rhumatisme, sciatique ; dérivatif dans les fièvres périodiques, etc.) ou en parasiticides (gale) n'était pas moins dangereux, leur pulpe fraîche, appliquée sur la peau, y produisant rapidement de l'inflammation, puis des lésions pouvant aller jusqu'à la gangrène : « Ce remède, écrit P.-J.-B. Chomel au xviiie siècle, enlève quelquefois la peau comme si le feu y avait passé. » Les mendiants ont jadis tiré parti de cette causticité, se faisant avec les renoncules broyées des ulcères superficiels assez affreux pour ébranler les moins pitoyables. D'après Conrad Gesner (xvie s.), la thora servait aux Savoyards de poison de flèches pour la chasse au loup. Mais il faut une assez grande quantité du suc de cette renoncule pour provoquer la mort de l'animal : le poison était plutôt tiré d'un aconit (autre renonculacée). La dessication et la cuisson atténuent beaucoup ou détruisent totalement le principe vénéneux des renoncules. Certaines espèces des plaines auraient même été consommées bouillies. Ces plantes dangereuses sont tout à fait inusitées de nos jours, sinon en homéopathie.

Boutons d'or

Boutons d'or

photographie

Fruits de pissenlits et fleurs de boutons d'or (Ranunculus acris). 

Crédits : Peter Cade/ The Image Bank/ Getty Images

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—  Pierre LIEUTAGHI

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«  RENONCULES  » est également traité dans :

POLYCARPIQUES ou RANALES

  • Écrit par 
  • Georges MANGENOT
  •  • 4 992 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Les Renonculacées »  : […] Avec cinquante genres et deux mille espèces environ, les Renonculacées constituent la majorité de l'ordre. Presque toutes sont des herbes terrestres, vivaces ou annuelles ; certaines renoncules sont adaptées à la vie aquatique. Les clématites, seules (le genre Clematis , cosmopolite, comprend plus de 300 espèces), sont ligneuses (lianes à tiges grêles ou petits arbrisseaux) ; […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/polycarpiques-ranales/#i_48078

Pour citer l’article

Pierre LIEUTAGHI, « RENONCULES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/renoncules/