REMONTÉES MÉCANIQUES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les premiers téléphériques ont été réalisés aux xive et xve siècles en Europe et au Japon à des fins militaires. Mais leur développement réel, dans les mines et les forêts, a dû attendre la maîtrise du tréfilage (étirage à froid des fils métalliques), au milieu du xixe siècle. Les engins à câbles de tous types ne se sont véritablement répandus qu'à partir de 1945, bien que certaines réalisations audacieuses soient antérieures (funiculaire de Lyon en 1868, téléphériques du Wetterhorn en 1908, des glaciers à Chamonix en 1927 et du Brévent en 1932).

Les engins de transport de voyageurs mus par câbles couvrent une gamme d'utilisations allant du transport urbain sur courte distance aux engins à vocation touristique, sportive ou mixte qui forment l'ossature de l'équipement des stations de sports d'hiver. On en distingue différents types :

– Les funiculaires se composent de deux wagons ou de deux trains de wagons roulant sur une voie ferrée et reliés par un câble qui passe sur une poulie motrice située dans l'une des stations d'extrémité. Lorsque l'un d'eux monte, l'autre descend. La plupart des funiculaires circulent sur une voie unique, dont seul un tronçon à mi-parcours est dédoublé pour permettre les croisements ; les autres circulent sur deux voies parallèles, comme le funiculaire de Montmartre à Paris. Les plus modernes peuvent emporter plus de 300 personnes à 35 kilomètres à l'heure.

– Les téléphériques à va-et-vient comportent deux véhicules fermés, qui peuvent être de grande capacité (160 personnes à Courchevel), suspendus, chacun, par un chariot muni de galets à un ou plusieurs câbles porteurs de forte section (jusqu'à 75 mm de diamètre). À l'opposé l'un de l'autre, ils sont mus alternativement dans un sens puis dans l'autre par un ou des câbles tracteurs formant une ou plusieurs boucles tendues entre les poulies d'extrémité. Le principe en est simple : lorsqu'on tire sur le câble pour faire monter une cabine, l'autre descend. Les cabines se croisent à mi-parcours et arrivent au même moment dans les gares d'extrémité. La cabine peut se déplacer jusqu'à plus de 40 kilomètres à l'heure. La hauteur de survol n'est pas limitée. La cabine la plus grande du monde, qui compte 201 places (200 passagers et 1 cabinier), est une cabine à étage. Elle équipe le Vanoise Express reliant La Plagne aux Arcs (faisant l'objet de travaux de remplacement des câbles en 2007 et 2008, à la suite d'anomalies détectées). En fait, il s'agit d'un prototype unique de téléphérique « va ou vient » : il est constitué de deux téléphériques parallèles et complètement indépendants, chacun des téléphériques ne comprenant qu'une seule cabine qui va ou vient. Cette technologie permet de toujours disposer d'un téléphérique, si l'autre est en panne ou en révision ; par ailleurs, en cas de forte affluence, les deux cabines peuvent partir en même temps de la même gare. Ce type d'appareil ne reste avantageux que si les gares d’extrémités sont sensiblement à la même altitude, sinon il est préférable de relier les cabines afin de réduire l'effort de traction.

– Les télécabines, contrairement aux deux types d'engins précédents, sont des appareils à mouvement continu. Les cabines, de faible capacité (limitée à 12 personnes), sont à la fois supportées et halées par un câble unique constituant une boucle fermée animée d'une vitesse constante (jusqu'à 18 km/h). Elles sont reliées à ce câble par des attaches débrayables, les véhicules étant découplés dans les aires de départ et d'arrivée, où elles circulent sur des voies prévues à cet effet. L'embarquement et le débarquement s'effectuent ainsi à l'arrêt, ou presque, et en général skis déchaussés. Un dispositif de lancement est prévu pour amener progressivement chaque cabine à la vitesse du câble, et éviter les chocs au moment de l'accouplement. Le débit des appareils modernes, entièrement automatisés, peut atteindre 3 000 personnes à l'heure dans chaque sens. La hauteur de survol est limitée à 40 mètres.

– Les téléphériques à débrayage combinent les mécanismes de débrayage des télécabines, la présence de deux câbles porteurs et de grandes cabines (15 à 30 places) rappelant celles des téléphériques : on obtient ainsi des téléphériques à mouvement continu. Ils sont très performants en termes de débit, de dénivelé franchissable et de capacité de survol. En 2003, l'ancien téléphérique de Bellevarde, modèle classique (non débrayable) d'une capacit [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Les derniers événements

3-6 avril 2018 Suisse. Arrêt momentané des remontées mécaniques de Crans-Montana.

Le 3, les remontées mécaniques de la station de Crans-Montana (Valais) cessent de fonctionner, faute d’accord sur le montant de la redevance annuelle versée par la société exploitante Crans-Montana Aminona aux trois communes couvertes par le domaine skiable. Le 6, les installations redémarrent, au lendemain de la conclusion d’un nouvel accord sous l’égide du conseiller d’État chargé de l’économie Christophe Darbellay. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Michel FRYBOURG, « REMONTÉES MÉCANIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/remontees-mecaniques/