PROUST EST UNE FICTION (F. Bon)Fiche de lecture

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Un gai savoir

François Bon est un boulimique des méthodes les plus modernes d’investigation des textes littéraires. Amoureux de la vitesse en toute chose, il se grise de leurs ressources documentaires infinies qu’il fond dans sa culture personnelle. Toujours, l’humour se met discrètement au service d’une érudition intelligente et polymorphe. De fortes affinités le lient à Saint-Simon, Balzac (« l’origine de la genèse affective et formelle de la Recherche »), Lautréamont, Kafka, Beckett, Michaux, Deleuze (qui propose pour définir la méthode de Proust plutôt l’image du télescope que celle du microscope), Koltès. À la lecture de Julien Gracq, François Bon préfère celle de Claude Simon. Bref, tout participe ici d’un regard amoureux avide d’embrasser le réel. La phrase liminaire de l’ouvrage ne donne-t-elle pas cette définition de la Recherche, comme « ce sentiment diffus d’une vibration du monde, où la réalité la plus élémentaire devient impalpable et mobile » ? François Bon livre dans l’enthousiasme une lecture de gai savoir, à l’opposé de l’académisme qui a parfois figé ce chef-d’œuvre où, d’une certaine façon, conflue toute la littérature française.


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Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « PROUST EST UNE FICTION (F. Bon) - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/proust-est-une-fiction/