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GÉOCHIMIQUE PROSPECTION

Méthodes de recherches

Méthodes lithogéochimiques

Les méthodes lithogéochimiques sont fondées sur la mise en évidence d' auréoles de dispersion primaires de gisements ou de corps minéralisés, ainsi que de leurs auréoles secondaires et traînées de dispersion.

Auréoles de dispersion primaires

Les auréoles primaires d'un corps minéralisé ou d'un gisement sont les zones de roches encaissantes entourant celui-ci, enrichies de certains éléments lors des processus de mise en place de la minéralisation.

La formation d'auréoles primaires de gisements endogènes nécessite un apport des éléments chimiques par les solutions minéralisantes, cet apport s'accompagnant alors d'une transformation plus ou moins grande des roches encaissantes par la redistribution de leurs composants. Dans les gisements endogènes, les principaux éléments entrant dans la composition du minerai et leurs éléments accessoires (accompagnateurs), apportés dans les roches encaissantes par les solutions hydrothermales au cours de différentes étapes minéralisatrices, sont les éléments indicateurs directs. À l'inverse, les éléments surtout lithophiles et les éléments sidérophiles redistribués dans les roches encaissantes lors de leur transformation par métasomatose et donnant à celles-ci des zonalités caractéristiques sont des éléments indicateurs indirects.

Les divers constituants des auréoles primaires sont étroitement liés à la genèse et à la composition des concentrations minérales. Ce fait permet, d'après les particularités de la paragenèse des éléments dans les auréoles primaires, d'avoir des présomptions sur le type de gîte caché.

Les teneurs des éléments représentatifs des auréoles décroissent au fur et à mesure que l'on s'éloigne du corps minéralisé et tendent vers les valeurs respectives du fond géochimique local.

Les particularités caractéristiques des auréoles sont leurs zonalités horizontale et verticale. La zonalité horizontale correspond, en plan, à des dimensions (largeur, longueur) des auréoles qui peuvent être différentes selon les éléments. La zonalité verticale est fonction de la distribution verticale des éléments et de leur pouvoir de migration : certains éléments se situent de préférence au-dessus du corps minéralisé, d'autres au-dessous et, enfin, d'autres se concentrent aussi bien dans les parties hautes que dans les parties basses des auréoles.

La forme des auréoles de gisements endogènes dépend du type de gîte. Elle est de plus déterminée par des facteurs structuraux : présence et orientation des zones de fracturation, porosité des roches encaissantes, conditions de situation du gîte, etc. Elle est complexe, mais proche de la forme du corps minéralisé : pour des corps subverticaux, elle est symétrique au corps et rappelle la flamme d'une bougie ou d'un flambeau ; pour des corps faiblement inclinés ou subhorizontaux, la forme des auréoles est asymétrique et se trouve être plus développée au toit (partie supérieure) qu'au mur (partie inférieure) de la formation minéralisée.

La taille des auréoles est un facteur important pour les recherches (plus elle est grande, plus facilement seront découverts les gisements). Spatialement, les dimensions des auréoles primaires sont de dix à cinquante fois supérieures à celles du corps minéralisé : pour des minéralisations hydrothermales subverticales, par exemple, la présence d'auréoles primaires se fait sentir à plusieurs centaines de mètres au-dessus de celui-ci.

Les auréoles primaires peuvent être utilisées, en particulier, pour la recherche de gisements sous une couverture de dépôts volcaniques, pour la connaissance du niveau d'érosion de gisements ou d'indices et pour l'évaluation des anomalies géochimiques endogènes et exogènes.

Auréoles de dispersion secondaires et traînées de[...]

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Écrit par

  • : Ingénieur géologue, conseiller scientifique à la division géochimie appliquée du département gîtes minéraux du Bureau de recherches géologiqueset minières (B.R.G.M.).

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • MÉTAUX - Gisements métallifères

    • Écrit par Marie-José PAVILLON
    • 7 840 mots
    • 5 médias
    La géochimie, qui complète l'étude des roches, est en plein développement. En géologie minière, les études concernant les teneurs en métaux (faible teneur et traces), ainsi que les positions de ces traces (camouflées dans les silicates, entre les cristaux, etc.) et les formes minéralogiques de ces traces...
  • PÉTROLE - L'exploration pétrolière

    • Écrit par Alain PERRODON
    • 6 946 mots
    • 3 médias
    ...particulière aux indices de pétrole et de bitume qui peuvent apporter d'utiles informations sur la probabilité d'accumulation en profondeur. Ces observations s'accompagnent d'analyses géochimiques organiques des couches ayant pu jouer le rôle de roche mère. Si la zone étudiée est...

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