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POÉSIES, Walther von der Vogelweide Fiche de lecture

Walther von der Vogelweide (né vers 1170-mort vers 1228) est sans doute le plus complet des poètes allemands du Moyen Âge. Dans ses poèmes lyriques, il chante aussi bien l'amour pour une dame noble que pour une femme du peuple. Ses poèmes politiques et gnomiques (réflexions morales sous forme de sentences) sont marqués par l'attachement à un pouvoir impérial souvent chancelant et par une grande défiance envers Rome et le gouvernement pontifical.

La poésie de Walther est dispersée à travers une trentaine de manuscrits, le plus complet étant le Grand Chansonnier de Heidelberg qui, à lui seul, regroupe 444 strophes de Walther, dont 113 strophes gnomiques. Il contient également le seul lai (ici, un poème religieux à rimes plates, écrit en vers de quatre, six ou huit mesures) composé par le poète.

Les chansons d'amour et la subversion du modèle courtois

Les premières chansons de Walther trahissent encore indéniablement l'influence de Reinmar de Haguenau, le poète attitré de la cour de Vienne. Mais rapidement Walther prend ses distances et se démarque de la conception classique de la « Hohe Minne », amour idéalisé à rapprocher de la « fin' amor » des troubadours. Il critique le maître viennois du Minnesang (le chant courtois) et sa conception de l'amour : dans de nombreux poèmes, Walther se rebelle contre l'indifférence et l'extrême rigueur de la dame et rejette l'idéal de la « Hohe Minne ». Le sentiment amoureux aspire à être accompli. Walther prône la réciprocité en amour, non l'indifférence et l'hostilité : l'amour est le délice qui unit deux cœurs et ne vaut rien s'il n'est pas partagé. À l'indifférence de la dame, le chevalier répond donc en abandonnant son service et en recouvrant la liberté. Il va jusqu'à inverser la situation caractéristique de la « Hohe Minne » : ce n'est plus le chevalier qui dépend des faveurs de la dame, mais c'est elle qui ne peut renoncer à lui car aucun autre poète ne saura, mieux que lui, chanter l'éloge de la dame.

Walther prône un retour à plus de naturel et de simplicité dans les relations amoureuses : il chante la vertu d'une femme aimante et fidèle. La nature printanière et exubérante devient le miroir des sentiments du poète. Cependant, plus que le printemps ou le chant des oiseaux, c'est la bonté des dames qui emplit le poète d'allégresse. Aux dames hautaines qui le méprisent, il oppose les femmes du peuple qui se distinguent par leur véritable féminité, l'authenticité de leurs sentiments et leur gratitude. Au titre de « dame » il préfère celui de « femme ».

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Écrit par

  • : agrégé d'allemand, docteur (études germaniques), maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand-II

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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