PETITE ENFANCE ET DÉBUTS DE LA PENSÉE

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La théorie nativiste

Deux types de savoirs doivent être distingués : certains sont factuels, comme les caractéristiques spécifiques de la voix de la mère du bébé entendue de manière intra ou extra-utérine ; d’autres sont plus généraux et peuvent être considérés, suivant le cadre théorique où on se place, comme des connaissances de lois simples régissant notre monde physique ou des repérages de régularités dans les événements qui s’y produisent. Il y a débat sur le second type de savoir. Pour les nativistes, des lois sont connues dès le départ. Pour leurs adversaires, les régularités sont repérées et apprises progressivement. De fait, les apprentissages ne peuvent partir de rien, mais ils pourraient résulter d’une orientation vers la recherche du savoir plutôt que sur des savoirs préformés.

La continuité transnatale pose donc problème aux défenseurs de la première théorie : à quel moment peut-on considérer que des connaissances seraient présentes avant tout apprentissage ? Il faut pour répondre définir un point zéro du développement et c’est impossible dans une période où la maturation du système nerveux est ultrarapide et où le changement est donc permanent.

Ainsi a-t-on montré qu’au plus tard à la naissance les bébés sont capables d’extraire un invariant lors de la présentation d’une suite de figures géométriques simples. Autre exemple : la reconnaissance de « la voix de la mère » nécessite l’apprentissage de plusieurs régularités (timbre, hauteur, rythme, etc.), détectées avant la naissance.


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Écrit par :

  • : professeur émérite du développement, université Paris-Descartes

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Roger LÉCUYER, « PETITE ENFANCE ET DÉBUTS DE LA PENSÉE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/petite-enfance-et-debuts-de-la-pensee/