ALLEN PAULA GUNN (1939-2008)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Poétesse, romancière et essayiste américaine, Paula Gunn Allen mêle dans son œuvre les influences du féminisme et de ses racines amérindiennes.

Paula Gunn Allen, née Paula Marie Francis le 24 octobre 1939 à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, est la fille d'un Américain d'origine libanaise et d'une métisse qui compte des ancêtres Laguna, Sioux et Écossais. La jeune femme abandonne l'université pour se marier ; après avoir divorcé en 1962, elle reprend ses études supérieures. Paula Gunn Allen obtient ainsi à l'université d'Oregon, à Eugene, une licence de littérature anglophone en 1966, puis une maîtrise en création littéraire deux ans plus tard. Elle complète ce cursus par un doctorat en études amérindiennes, décerné en 1975 à l'université du Nouveau-Mexique, à Albuquerque. Avant même d'avoir soutenu sa thèse, elle fait paraître son premier recueil de poésie, The Blind Lion (1974). Mariée et divorcée deux autres fois, Paula Gunn Allen commence à prendre conscience de son homosexualité.

Se rapprochant peu à peu d'une partie de ses racines, Paula Gunn Allen contribue à faire une place à la littérature amérindienne aux États-Unis en publiant plusieurs anthologies, telles que Spider Woman's Granddaughters : Traditional Tales & Contemporary Writing by Native American Women (1989, La Femme tombée du ciel. Récits et nouvelles de femmes indiennes), Voice of the Turtle : American Indian Literature, 1900-1970 (1994) ou encore Song of the Turtle : American Indian Literature, 1974-1994 (1996). Elle axe également son propre travail de création littéraire sur les expériences des femmes amérindiennes. Son premier roman, The Woman Who Owned the Shadows (1983), mêle chansons, rituels et légendes traditionnels pour raconter l'histoire d'une femme aux origines métissées qui lutte pour sa survie et reçoit l'aide de Grand-Mère Araignée, figure de la mythologie tribale ancestrale. Dans The Sacred Hoop : Recovering the Feminine in American Indian Traditions (1986), Paula Gunn Allen avance que les conceptions de la vie qu'ont les féministes et les Amérindiens sont compatibles ; selon elle, les sociétés tribales, ignorant les structures patriarcales, reposent en général sur des « visions du monde centrées sur l'esprit et reflétant une sensibilité féminine ». Les thèses avancées dans ce livre ont fait l'objet de multiples débats et remises en cause.

Paula Gunn Allen dirige la publication de plusieurs ouvrages généraux sur l'écriture amérindienne, tels que Studies in American Indian Literature (1983) et Grandmothers of the Light : A Medicine Woman' Source Book (1991). Parmi ses autres recueils de poésie figurent Coyote' Daylight Trip (1978), Shadow Country (1982), Skins and Bones (1988) et Life Is a Fatal Disease : Collected Poems 1962-1995 (1997). Outre son travail d'écrivain, Paula Gunn Allen a enseigné dans le département d'études amérindiennes et de littérature anglophone de diverses universités avant de rejoindre la faculté de l'université de Californie, à Berkeley. Elle prend sa retraite en 1999 et s'éteint quelques années plus tard, le 29 mai 2008 à Fort Bragg, en Californie.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Classification

Pour citer l’article

« ALLEN PAULA GUNN - (1939-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paula-gunn-allen/