COSTE-FLORET PAUL (1911-1979)

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Né le 9 avril 1911 à Montpellier (Hérault) où il s'est éteint soixante-huit ans plus tard, Paul Coste-Floret a consacré sa vie au droit, à la politique et à la démocratie chrétienne.

Avec fougue. Fils d'avocat, Paul Coste-Floret s'est engagé tout naturellement dans des études juridiques – doctorat, agrégation –, mais la guerre qui a marqué sa jeunesse n'allait pas tarder à déranger une carrière apparemment toute tracée. Avec René Capitant, le futur garde des Sceaux du général de Gaulle, il fonde et anime, en effet, le mouvement de résistance « Combat-Empire ». Voilà Paul Coste-Floret résistant.

Professeur à la faculté de droit d'Alger, il prépare activement le débarquement allié en Afrique du Nord qui aura lieu en définitive le 8 novembre 1942. L'opération est couronnée de succès, et c'est à Alger que Paul Coste-Floret, devenu directeur de cabinet du ministre de la Justice, recevra la médaille de la Résistance. Des mains même du général de Gaulle. Ce ne sera, cependant, qu'une brève rencontre, puisque la politique séparera les deux hommes par la suite.

En 1945, Paul Coste-Floret se retrouve procureur général adjoint au tribunal de Nuremberg. Professeur et haut fonctionnaire, il découvre en même temps la politique active. En se faisant élire dans sa terre natale de l'Hérault, Paul Coste-Floret s'y taille alors un fief solide. Son frère jumeau Alfred, qui a suivi la même évolution, ne peut bénéficier de la même implantation et doit chercher ailleurs, du côté de la Haute-Garonne.

Député M.R.P. pendant vingt-deux ans, Paul Coste-Floret va rester, pratiquement jusqu'à sa mort, le « patron politique » de son département. Alors que beaucoup de leaders politiques locaux refusent d'envisager leur succession, lui, au contraire, met en place une équipe de jeunes centristes qui continueront son combat, après son échec électoral de 1967.

L'année 1967 est un tournant pour lui. Battu aux élections législatives pour la première fois, il comprend que sa carrière politique s'achève. Il démissionne de sa mairie de Lodève, bien qu'il ait obtenu la majorité absolue dans sa commune même. Un geste plein d'élégance, mais aussi un geste de respect pour le suffrage universel qui témoigne de sa conception rigoureuse de l'action politique.

Paul Coste-Floret laisse derrière lui une carrière politique brillante. Ministérielle d'abord. Il est en effet successivement ministre de la Guerre en 1947, ministre de la France d'outre-mer entre 1947 et 1950, ministre de l'Information en 1952, ministre d'État en 1953, ministre de la Santé publique entre 1953 et 1954. Malgré cela, il tient davantage peut-être encore à ses mandats locaux : maire de Lamalou-les-Bains de 1953 à 1959, puis de 1971 à sa mort, ou maire de Lodève de 1959 à 1967 et conseiller général de Saint-Gervais-sur-Mare de 1967 à sa mort. Voilà assurément la carrière d'un de ces jeunes démocrates-chrétiens que Marc Sangnier a appelé de ses voeux et qui ont marqué la vie politique de leur empreinte.

Père fondateur de la IVe République, Paul Coste-Floret fut aussi un de ceux qui tentèrent de la réformer lorsqu'elle laissa entrevoir ses limites et ses faiblesses. Dès son arrivée au Palais-Bourbon, ses compétences sont reconnues et utilisées par cette IVe République en gestation. Il est, en effet, le rapporteur du deuxième projet de Constitution à la seconde Assemblée constituante. À cette occasion, il affirme avec force que tout régime présidentiel aboutirait au pouvoir personnel et que tout régime d'assemblée aboutirait à la révolution.

Favorable à un compromis entre ces deux régimes, Paul Coste-Floret se définit, dès le début de sa carrière politique, comme un homme qui se méfie des extrêmes.

Cette prudence bien symbolique de la IVe République n'empêchera pas celle-ci de sombrer dans l'impuissance. Du fait des hommes qui ont servi ces institutions ou du fait des institutions elles-mêmes ? Les opinions divergent encore. En tout cas, Paul Coste-Floret, qui avait inspiré certaines dispositions de cette Constitution, tente avec ses amis Pierre Pflimlin et Robert Lecourt de préparer une révision constitutionnelle importante. En vain : l'histoire ira, en effet, plus vite qu'eux. Cela n'empêche pas Paul Coste-Floret d'être nommé, en 1958, membre du Comité consultatif constitutionnel. C'est à ce titre qu'il travaille alors à l'élaboration de la Constitution de la Ve République. Les bonnes idées resservent : certains de ses projets de réforme de la IVe République deviendront des dispositions de la Ve République, comme l'article 49, qui prévoit les modalités de l'engagement de la responsabilité du gouvernement devant le Parlement.

Après 1967, Paul Coste-Floret revient à sa carrière universitaire, qui avait souffert de sa carrière politique. Il reprend son poste de professeur de droit criminel à la faculté de droit de Montpellier, une faculté qui en fera son doyen en 1976-1977. Mais il ne s'agit pas à ses yeux d'une retraite. Sa vitalité est bien trop grande pour cela. Il continue à suivre l'évolution politique de sa région et de la France. En 1971, son ami, le président du Sénat, Alain Poher, lui offre le couronnement d'une carrière placée dès le début au confluent du droit et de la politique en le proposant comme membre du Conseil constitutionnel où il remplace un autre grand juriste, René Cassin.

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Christian SAUVAGE, « COSTE-FLORET PAUL - (1911-1979) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-coste-floret/