PARASITE (Bong Joon-ho)

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En attendant le déluge

Jusqu’à Parasite, le travail de Bong Joon-ho se divisait assez strictement entre une inspiration réaliste, à laquelle se rattache Memories of Murder ou Mother (Ma deo, 2009), et le goût du fantastique, voire des films de monstres, comme The Host ou Okja. Mais Parasite vient brouiller les frontières en proposant à la fois une étude sociale, une comédie burlesque et même un film d’horreur qui bascule fugitivement dans le gore. Le film se montre tout aussi hétéroclite dans ses influences. En recevant la palme d’or, Bong Joon-ho a remercié Claude Chabrol, et l’on peut voir son film comme une réécriture de Que la bête meure (1969) ou La Cérémonie (1995). Cependant, le metteur en scène cite également The Servant (1963) de Josef Losey ou La Servante (Hanyo, 1960) classique sud-coréen de Kim Ki-young. Enfin, si le temps de quelques gags et références à la Corée du Nord, Parasite affirme son identité nationale, il se veut une fable universelle par sa thématique et ses sources d’inspiration.

Au cours de l’été 2019, Parasite a dépassé le million d’entrées dans une France secouée par les mouvements sociaux et les manifestations. Hollywood a annoncé la production d’un remake américain. Il est surtout significatif que Parasite ait été retiré au dernier moment de la sélection du festival de Xining en Chine, pays miné plus qu’aucun autre par les inégalités. lmage d’un monde écartelé, qui n’attend plus que l’heure du déluge, la maison des Park se situe moins à Séoul qu’au cœur de son époque.


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Adrien GOMBEAUD, « PARASITE (Bong Joon-ho) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/parasite-bong-joon-ho/