NAILĪ (mort en 1666)

À Constantinople où il naquit et vécut, Nailī semble avoir mené une vie humble et calme, puisqu'il était fonctionnaire à l'administration des mines de l'Empire. Bien que son influence sur la littérature turque ait été peu durable, Nailî est considéré comme le poète du renouveau de la période post-classique. Très influencé par les modèles persans, il composait dans une langue lourde et difficile mais essayait d'innover dans son vocabulaire et dans le choix de ses images. Toutefois, ce goût de l'originalité l'a conduit à l'excès contraire, et ses poèmes, déjà surchargés de tournures persanes subtiles, deviennent artificiels tant ils contiennent d'expressions métaphoriques et de métonymies forcées. Ce qui est d'autant plus regrettable que, son style étant déjà très précieux et emphatique, ses poèmes en deviennent inintelligibles pour le lecteur qui n'est pas très familier avec le persan. Il faut pourtant reconnaître à Nailī de rares qualités : le raffinement et l'élégance de l'écriture autant que la méticulosité de la composition stylistique. On connaît de lui un divan avec des élégies sur la mort de son frère et plus de deux cents ghazel moins baroques et plus concis que le reste de son œuvre.

—  Gayé PETEK-SALOM

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Gayé PETEK-SALOM, « NAILĪ (mort en 1666) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/naili/