NU‘AYMA MIKHA‘IL (1894-1988)

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Après des études ecclésiastiques au séminaire russe de Nazareth, puis à Poltava (1906), le Libanais chrétien Mikhā‘īl Nu‘ayma se rend aux États-Unis (1911), où il se fixe jusqu'en 1931, y devenant un des brillants représentants de l'émigration arabe en Amérique. Rentré au Liban en 1932, il publie une œuvre littéraire, philosophique et religieuse. Comme son maître Jubrān Khalīl Jubrān, Nu‘ayma voudrait que le monde arabe réalise une « synthèse de la civilisation spirituelle de l'Orient et de la civilisation matérielle de l'Occident ». Il compose des poèmes nourris de sève biblique. Dans son ouvrage de critique, al-Ghīrbāl (Le Crible), publié en 1923, il définit en ces termes sa conception de la poésie : « Elle doit exprimer ce que voit le regard intérieur du poète et ce qui mûrit en son cœur, au point de devenir une réalité objective dans sa vie. »

Auteur dramatique, il acquiert la notoriété en publiant, en 1917, une pièce à épisodes, al-Abā' wa-l-banūn (Pères et Fils), où il étudie la société syrienne de l'époque et le conflit des générations : une mère trop attachée aux traditions fait obstacle au bonheur de sa fille qui a une conception plus moderne de l'amour et du mariage. Ce thème sera exploité par de nombreux auteurs arabes. Pour résoudre le problème de la diglossie auquel se heurte depuis sa naissance le théâtre arabe, Nu‘ayma mélange selon le rang social et l'éducation des personnages l'arabe littéral et l'arabe parlé. Cette solution sera adoptée par plusieurs dramaturges, mais elle n'a pas manqué de susciter nombre de controverses. Nu‘ayma publie à Beyrouth, en 1943, un recueil de poèmes, Hams al-djufum, qui pousse Muḥammad Mandūr à appeler ce nouveau type poétique « poésie murmurée ». Il écrit des histoires réunies en trois volumes : Kān ma kān (1937), Akābir (1956) et Abū Baṭṭah (1959) et, surtout, son autobiographie, Sab‘ūn (1959-1960).

—  Sayed Attia ABUL NAGA

Écrit par :

  • : docteur ès lettres (Sorbonne), agrégé de l'Université, interprète à l'O.N.U., Genève

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Dans le chapitre « Le roman historique »  : […] du siècle et condamne les traditions désuètes qui continuent de la régir. Jubrān est suivi par un autre Libanais, Mī̱hā’īl Nu‘aymah (1894-1988). Considéré comme l'initiateur de la nouvelle en langue arabe avec Sanatuhā al-jadīda [Nouvelle Année] (publiée en 1914), ce dernier oriente l'écriture romantique vers une réflexion plus générale sur l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arabe-monde-litterature/#i_14691

Pour citer l’article

Sayed Attia ABUL NAGA, « NU‘AYMA MIKHA‘IL - (1894-1988) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mikha-il-nu-ayma/