RÉGNIER MATHURIN (1573-1613)

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La vie de Mathurin Régnier est assez mal connue, ou du moins avec assez peu de certitude. Il est né à Chartres ; sa mère était la sœur du poète Philippe Desportes ; son père, un notable bourgeois, tenait sur la place des Halles un jeu de paume appelé le Tripot Régnier. Il semble bien que le jeune Mathurin ait hanté de bonne heure des lieux fort peu recommandables. Destiné cependant aux ordres, Régnier fut tonsuré très tôt, à neuf, onze ou quatorze ans selon les sources. Attaché à l'âge de vingt ans au service du cardinal François de Joyeuse, le beau-frère de Henri III, chargé des affaires royales auprès du Saint-Siège, Régnier le suit à Rome pendant six séjours de 1594 à 1605. Mathurin Régnier avait un goût très vif pour les plaisirs ; après une dizaine d'années passées en Italie dans la dissipation, il revient s'établir en France où, abandonné du cardinal de Joyeuse, il semble avoir mené une existence misérable jusqu'au jour où la mort de son oncle Desportes (1600) lui laisse une pension de deux mille livres à laquelle s'ajoute l'octroi d'un canonicat dans sa ville natale de Chartres (1609). Malgré sa charge ecclésiastique, Mathurin Régnier est toutefois loin de mener une vie édifiante. Au contraire, il peut désormais s'adonner sans inquiétude à une vie de débauche, comme à la poésie.

C'est à cette époque, en effet, qu'il publie ses premières satires (1608), qui rencontrent un succès aussi vif qu'immédiat. Parvenant alors à s'imposer comme poète officiel de la cour, Régnier composera, dans les années qui suivent, des œuvres de commande pouvant aller aussi bien des élégies aux poésies spirituelles.

Les œuvres complètes de Régnier, publiées par ses amis l'année même de sa mort (1613), comprennent, pour l'essentiel, outre des élégies et des épîtres, les fameuses satires, au nombre total de dix-neuf.

La fin du xvie siècle vient de connaître une réaction contre la poésie de type élégiaque. La mode est à la recherche d'un nouveau réalisme qui, chez certains, se manifeste, de manière outrancière, par une surenchère dans la caricature grotesque. Régnier s'inspire à la fois [...]


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Pour citer l’article

Nicole QUENTIN-MAURER, « RÉGNIER MATHURIN - (1573-1613) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mathurin-regnier/