LA FAYETTE MARIE-MADELEINE DE dite MADAME DE (1634-1693)

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Un thème : l'envers de l'amour

Admise à la Cour, témoin de ses plus belles intrigues, est-ce son adresse à doter d'une investiture d'histoire un fait divers qui valut à Mme de La Fayette l'admiration de ses contemporains ? Mais le roman plus ou moins historique préexistait ! Est-ce l'audace de composer un roman avec ce qui passait pour un sujet de nouvelle ? Est-ce son goût pour l'analyse ? Mais une certaine analyse n'était absente ni de L'Astrée ni des récits sans fin de Mlle de Scudéry ! Est-ce son obsession des ravages de l'amour ?

Disposition personnelle ou influence des jansénistes, les errements de la passion lui furent son sujet d'étude : l'amour « monstre de la nature, peste du genre humain, perturbateur du repos public ». La Comtesse de Tende (posthume, 1724), c'est la dureté de l'amour. Le Triomphe de l'indifférence, ce sont ses « mortelles douceurs » et ses « longues amertumes ». La Princesse de Montpensier (1662), c'est, peinte de façon exemplaire, l'incommodité d'un penchant, Zaïde (1669), roman à la mode espagnole, c'est l'effrayante vision de la jalousie (on songe à l'Albertine de Proust). Enfin, la boucle est bouclée avec la Princesse de Clèves (1678) : d'un engagement éternel naît la perte de l'amour. Tel engagement, qui le tiendrait ? Il est pourtant indispensable à l'existence d'un amour... À partir de cette gageure l'analyse va se tisser.

Madame de La Fayette

Madame de La Fayette

Photographie

Portrait de Madame de La Fayette. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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De l'analyse qui, chez les précieux n'était qu'ornement, prétexte à propos mondains et obstacle à l'action, Mme de La Fayette fait le support unique de l'intrigue dans La Princesse de Clèves. Le regard sur le vécu et le point sans cesse fait s'inscrivent dans la ligne d'action. L'analyse devient substance d'un récit tout du long courbé vers l'avant. Durée, ressort, mouvement intérieur, elle va les prendre en charge. C'est la première solution apportée au délicat problème du temps romanesque. En ce temps fait champ clos, en cette lice des tourments du cœur que l'esprit jamais ne déserte, en cette qualité, en définitive, d'investigation psychologique, réside la véritable originalité de Mme de La Fayette.


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LA PRINCESSE DE CLÈVES (Madame de Lafayette) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Christian BIET
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Devait-elle avouer ? C'est une question qui est sur bien des lèvres depuis que la gazette de Donneau de Visé, Le Mercure galant , l'a posée pour faire une sorte de promotion du roman qui frappe alors les esprits, La Princesse de Clèves , publié en 1678 sans nom d'auteur. On écrivit alors beaucoup pour donner son jugement et l'on s'arracha à la fois la gazette et l'ouvrage. Dans le même temps, il y […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-princesse-de-cleves/#i_5490

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Jeanne FAURE-COUSIN, « LA FAYETTE MARIE-MADELEINE DE dite MADAME DE (1634-1693) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-madeleine-de-la-fayette/