MANSTEIN ERICH LEWINSKI VON (1887-1973)

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Neveu de Hindenburg, Erich Lewinski von Manstein entre dans la Garde prussienne en 1905. Il se distingue lors de la Première Guerre mondiale et est nommé à l'état-major de la Reichswehr en 1919. Chef adjoint de l'état-major général allemand en 1936, puis chef de l'état-major de von Rundstedt (1939-1940), il est l'auteur du plan de la campagne de France, approuvé par son chef et adopté par Hitler contre l'avis de tous. En mai 1941, il commande le 56e corps blindé qu'il mène aux portes de Leningrad. Affecté le 12 septembre 1941 à la tête de la Xe armée (front sud), il conquiert la Crimée et prend Sébastopol. Il se voit conférer la dignité de maréchal le 1er juillet 1942. Il s'illustre encore par les victoires du Donetz et de Kharkov. En désaccord avec Hitler, il est relevé de son commandement en mars 1944, en même temps que le maréchal von Kleist. Il ne participe pas, cependant, au complot contre le Führer, le 20 juillet 1944. Condamné en 1949 par un tribunal militaire britannique pour crimes de guerre à dix-huit ans de prison, il est libéré en 1953. Lors de la formation de la Bundeswehr, le gouvernement de la république fédérale d'Allemagne fait encore appel à lui comme conseiller.

Le nom du maréchal von Manstein est inséparable de deux grands épisodes de la Seconde Guerre mondiale : la campagne de France en 1940 et la campagne de Russie. Le grand spécialiste militaire anglais Liddel Hart l'a désigné comme étant « le plus redoutable adversaire des Alliés. Un chef qui alliait la maîtrise des détails techniques au don du commandement le plus rare. » Témoin impuissant de la faute capitale commise par Hitler, après la défaite française, de renoncer à assaillir l'Angleterre pour lancer ses forces contre l'U.R.S.S., Manstein n'hésite pas à affronter le dictateur nazi et à préconiser une nouvelle stratégie dans le but de permettre à la Wehrmacht un « match nul » avec l'Armée rouge et, peut-être, de parvenir à une paix de compromis avec l'U.R.S.S. Dans une dictature, c'était une erreur qui devait entraîner sa disgrâce. Il s'en est expliqué lui-même : « Absorbé par mes difficiles fonctions au front, je n'eus pas la possibilité de reconnaître le glissement du régime vers le pire, ni la véritable nature de Hitler, avec toute la clarté qui nous semble évidente aujourd'hui. » Manstein a rassemblé ses ses souvenirs dans Verlorene Siege (Victoires perdues, publié en 1955).

—  André BRISSAUD

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André BRISSAUD, « MANSTEIN ERICH LEWINSKI VON - (1887-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/manstein-erich-lewinski-von/