LONGO LUIGI (1900-1980)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un des fondateurs du Parti communiste italien. Luigi Longo, fils de paysans pauvres du Piémont (il est né à Fubine Monferrato le 15 mars 1900), appartient à l'aile scissionniste du Parti socialiste qui, en 1921, créa le Parti communiste d'Italie. Il est le premier secrétaire de la Fédération des jeunes et sa vie se confond avec celle du parti dont il représenta longtemps la tendance la plus dure et la plus internationaliste. Bordighiste jusqu'en 1925, il se rallie, un bref moment, à Gramsci et aux thèses du congrès de Lyon de 1926 sur la nécessité des alliances de classe et d'une phase intermédiaire. Mais, dès 1927, convaincu d'une radicalisation des masses italiennes, il propose un changement de ligne et le remplacement du mot d'ordre de l'« Assemblée républicaine » par celui du « gouvernement ouvrier et paysan ». Sa polémique avec le groupe dirigeant de Palmiro Togliatti et d'Angelo Tasca va durer jusqu'au tournant de 1929-1930. La campagne lancée alors par l'Internationale communiste contre le social-fascisme au nom du slogan « classe contre classe » donne raison à Longo que le Komintern verrait volontiers à la tête du parti italien. Il se contente d'entrer au bureau politique tandis que l'aile droite est expulsée et que Togliatti doit faire son autocritique. Longo impose alors sa seconde idée : reporter le parti en Italie. Mais il a sous-évalué la consolidation du régime fasciste : les cadres envoyés sur place sont presque tous arrêtés par la police et la mobilisation des masses s'avère impossible. L'échec de sa politique oblige Longo à quitter la section d'organisation. À Moscou de 1932 à 1934, puis à Paris où il dirige le service d'émigration du parti, il ne joue plus qu'un rôle secondaire. D'autant que l'Internationale, confrontée à l'arrivée au pouvoir d'Hitler, abandonne la ligne de gauche et se prononce en juillet 1935 en faveur des fronts uniques et des objectifs transitoires.

La guerre d'Espagne lui offre cependant l'occasion de retrouver la première place.

Chef des volontaires italiens, puis inspecteur général des Brigades internationales, il jouit d'un grand prestige grâce à son courage et à ses qualités d'organisateur, et il est élu à la commission politique et à l'exécutif du Komintern. Rentré en France en 1939, il est arrêté, interné au camp du Vernet puis remis à la police italienne qui l'envoie en résidence surveillée à Ventotene. Libéré en août 1943, il s'emploie dès septembre à organiser la lutte armée. Dirigeant avec Pietro Secchia le groupe communiste de l'Italie du Nord, il est également à la tête des brigades Garibaldi avant de devenir, en 1944, vice-commandant en chef du corps des Volontaires de la liberté, regroupant l'ensemble des formations partisanes. Deux de ses décisions ont surtout retenu l'attention : en décembre 1944, il refuse la démobilisation des maquisards demandée par le général Alexander, sauvant ainsi la résistance italienne ; en avril 1945, il donne l'ordre d'exécuter Mussolini, prisonnier du colonel Valerio (Walter Audisio). Mais son action militaire, si importante soit-elle, est avant tout le reflet d'un projet politique clairement exprimé dans sa déclaration de mars 1944. S'il ne discute pas la nécessité d'un front antifasciste uni, Longo en revendique la direction pour le Parti communiste, avant-garde d'une classe ouvrière qui doit rester le moteur de la lutte.

C'est pourquoi il accorde tant d'importance à l'organisation des grandes grèves de décembre 1943 et de décembre 1944 dans les centres industriels de l'Italie du Nord. En outre, il ne considère pas les comités de libération comme de simples organismes de coordination au sommet de différents partis, mais comme un réseau capillaire d'organisations sociales et politiques, dominées par le Parti communiste et destinées à devenir la base du pouvoir populaire dans une « démocratie progressiste ». C'est sur ce terrain que se situe l'opposition entre les groupes communistes milanais et romain (particulièrement entre Longo et Amendola), les premiers étant beaucoup moins conciliants à l'égard du gouvernement Badoglio et des concessions à faire aux autres partis au nom de l'unité antifasciste. Si en 1944 il accepte les directives très modérées de Togliatti (entrée des communistes au gouvernement, collaboration de classe), il les conçoit comme un mo [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  LONGO LUIGI (1900-1980)  » est également traité dans :

PARTI COMMUNISTE ITALIEN (P.C.I.)

  • Écrit par 
  • Paul-Jean FRANCESCHINI
  •  • 1 305 mots
  •  • 1 média

Celui qui devint « le plus puissant parti communiste du monde non communiste » avait été fondé au congrès de Livourne en 1921. Le Parti communiste italien (P.C.I.) ne regroupe d'abord que la minorité ultragauche du Parti socialiste dirigé par Amadeo Bordiga et le groupe qui, autour d'Antonio Gramsci , avait publié à Turin la revue Ordine nuovo . Aux élections de mai 1921, il obtient seize sièges d […] Lire la suite

Pour citer l’article

Geneviève BIBES, « LONGO LUIGI - (1900-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/luigi-longo/