QUARONI LUDOVICO (1911-1987)

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Maître de l'incertitude et d'une école qu'il n'a jamais voulu modeler, l'architecte italien Ludovico Quaroni poursuivit pendant près d'un demi-siècle ce qu'il appelait le « dialogue continu de ces deux entités si différentes et paradoxalement si liées : l'Urbs et la Civitas ». Né en 1911 à Rome, Ludovico Quaroni obtient à vingt-trois ans son diplôme d'architecte et ouvre aussitôt une agence. Sa carrière universitaire débute en 1937, comme assistant de M. Piacentini à la chaire d'urbanisme. Datent de ces années ses premières participations remarquées aux concours du régime : le projet pour l'Auditorium du mausolée d'Auguste (1935), le Plan directeur d'Aprilia (1936), deux exercices rationalistes significatifs. Signalé comme exemple unique de quartier moderne en Italie, le Plan d'Aprilia figurera aux côtés des projets de May, de Gropius et de Le Corbusier à l'exposition des plans directeurs de la VIe Triennale de Milan. Sa participation au concours pour la Pretura unifiée de Rome (1936) est jugée trop moderne pour l'emporter, alors que le projet de Palais impérial et de Place impériale sort lauréat du concours de l'E 42 et révèle combien son goût du classicisme nordique lui inspire des solutions élégantes et raffinées. Mais la guerre interrompt son activité.

En 1946, Quaroni reprend son enseignement à Rome, à Naples et à Florence et participe activement aux débats sur le renouvellement de la pédagogie. Il fait partie de l'A.P.A.O. (Association pour l'architecture organique), adhésion que reflète la réalisation du Quartier Tiburtino à Rome, en collaboration avec Mario Ridolfi (1950-1959). Le bourg rural de La Martella, près de Matera (1951), s'inscrit dans la politique méridionale prônée par le mouvement de Comunità lié à Olivetti. Premier épisode dans l'intervention de l'État pour la création d'un habitat en Italie, ce bourg inaugure l'expérimentation de techniques de recherche interdisciplinaires.

Le prix Olivetti, en 1956, couronne l'activité urbanistique de Quaroni, engagé alors dans les études pour les Plans d'Ivrea et de Rome. Parmi ses projets d'architecture, des œuvres comme les églises de Francavilla al Mare (1948-1959) et de La Sacra Famiglia à Gênes (1956) sont des références pour l'architecture italienne contemporaine. Le projet pour la ville satellite Le Baréne di San Giuliano à Mestre (1959) illustre l'aboutissement de concepts longuement élaborés.

Après l'échec de plusieurs expériences d'urbanisme, non abouties ou altérées, Quaroni revient aux thèmes spécifiques de l'architecture. À partir de 1963 il occupe la chaire de composition à l'université de Rome ; le projet où il s'engage le plus jusqu'en 1970 est celui du concours pour le bureau de la Chambre des députés en 1967. L'église de Gibellina (1970) est un hommage à l'illuminisme et en particulier à Boullée.

À l'issue d'un enseignement universitaire fécond en publications : La Torre di Babele (1967), Immagine di Roma (1969), Progettare un edificio (1977), La Città Fisica (1981), Quaroni revient à un travail plus solitaire. Parmi ses divers projets, les Services du théâtre de l'Opéra de Rome ont soulevé les réactions les plus contradictoires chez les architectes italiens. Ironique vis-à-vis de ses commentateurs, Quaroni a déclaré avoir conçu un édifice qu'il définirait non comme post-moderne mais plutôt comme post-antico.

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Marilù CANTELLI, « QUARONI LUDOVICO - (1911-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ludovico-quaroni/