LOPBURI

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La ville de Lopburi (à 130 km au nord de Bangkok), qui a donné son nom à l'école khmérisante, et authentiquement khmère, de Thaïlande, est située à la bordure nord-est du Delta, presque à la limite de la zone inondée, situation privilégiée qui a permis son occupation continue depuis le Néolithique et son importance souvent prépondérante au cours de l'histoire. La nécropole de Lopburi Khao (Âge du bronze) est caractérisée par ses modes d'inhumation (adultes enterrés la tête au nord, avec des parures de bronze, de verre et de pierres semi-précieuses, des armes de pierre et de fer, des poteries ; enfants inhumés dans des jarres) et l'usage de tissus de chanvre. Pour la période de Dvāravatī, les témoins sont nombreux et depuis longtemps reconnus (piliers sculptés, statues du Buddha, stucs, vestiges de stūpa en brique, inscriptions). La découverte de médailles inscrites « Lavapura » (ancien nom de Lopburi) suggère l'existence d'une principauté de culture mône plus ou moins indépendante de Dvāravatī. Dès le xe siècle, l'influence khmère s'affirme sur la contrée ; annexée au début du xie siècle par Sūryavarman Ier, elle devient l'une des provinces les plus importantes de l'empire khmer (construction des parties les plus anciennes de Prang Khèk, le temple hindou, et de Wat Phra Si Ratana Mahathat). Après un bref retour à l'indépendance à la fin du règne de Sūryavarman II (vers 1145, ambassades en Chine), Lopburi rentre dans l'empire de Jayavarman VII (construction de Phra Prang Sam Yot). De nouveau indépendant à la fin du xiiie siècle, Lopburi édifie le Prang de Wat Phra Si Ratana Mahathat, prototype de ce genre d'édifices, et produit en abondance une sculpture prolongeant le style khmer du Bayon. Acquérant une grande importance dès la fondation du royaume d'Ayuthya (1350), gouvernée par des princes du sang et fortifiée, la ville deviendra une défense avancée du royaume jusqu'en 1548, date à laquelle elle sera démantelée pour éviter que les armées assaillantes ne l'utilisent. Lopburi retrouvera son importance sous le règne de Phra Narai (1656-1688) et devient seconde capitale du royaume ; la construction de nouveaux édifices y est, en partie, confiée à des ingénieurs français (1685) qui influencent le style thaï (palais royal, église des jésuites, résidences) en concurrence avec les Persans. Le palais a été restauré et doté de nouvelles constructions par le roi Rāma IV Mongkut, qui y fit plusieurs séjours (1856, 1862).

Thaïlande : carte administrative

Thaïlande : carte administrative

carte

Carte administrative de la Thaïlande. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

—  Jean BOISSELIER

Écrit par :

  • : professeur émérite des universités (Paris-III), ancien membre de l'École française d'Extrême-Orient

Classification


Autres références

«  LOPBURI  » est également traité dans :

THAÏLANDE

  • Écrit par 
  • Jean BOISSELIER, 
  • Achille DAUPHIN-MEUNIER, 
  • Christian LECHERVY, 
  • Christian TAILLARD, 
  • Solange THIERRY
  • , Universalis
  •  • 24 707 mots
  •  • 15 médias

Dans le chapitre « L'art de Lopburi (env. viie-xive s.) »  : […] On ne fait généralement débuter l'école de Lopburi qu'au xi e  siècle, avec l'expansion khmère (règne de Sūryavarman I er ), mais s'il est exact que, jusqu'à ce moment, le site de Lopburi échappe à l'autorité d'Angkor, l'influence culturelle khmère s'y fait déjà nettement sentir. Bien plus, si l'on admet avec les historien […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thailande/#i_43395

Pour citer l’article

Jean BOISSELIER, « LOPBURI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lopburi/