LINGBAO JING [LING-PAO KING]

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Un des textes les plus importants du taoïsme religieux. Un premier Lingbao jing, Livre du joyau sacré, est mentionné dans le Baopuzi neipian (Traité ésotérique du maître qui embrasse la Simplicité). Il s'agissait là certainement d'un texte talismanique reproduisant les essences cosmiques des cinq éléments dans la configuration qu'ils avaient à l'origine, avant la création de l'univers ; d'une sorte d'écriture primordiale produite par la coagulation spontanée des souffles ou énergies (qi) et que le Dao révèle aux initiés comme gage de salut. Ces écrits talismaniques ont, de tout temps, servi à l'établissement de l'aire sacrée, aux quatre coins et au centre de laquelle ils sont disposés. Le texte qui probablement accompagnait ces talismans est perdu et se trouve remplacé par un Lingbao jing plus récent, dû vraisemblablement à un certain Ge Chaofu (deuxième moitié du ive siècle), un petit neveu de Ge Hong. Le titre complet de ce dernier ouvrage est Taishang dongxuan lingbao wuliang duren shang pin miaojing (Livre merveilleux et excellent du joyau sacré de l'arcane mystérieux [révélé] par le Très-Haut qui sauve les hommes innombrables), long titre souvent abrégé en Duren jing (Livre du salut des hommes).

Ce texte, assez hétéroclite et manifestement inspiré des écrits de l'école du Maoshan, propose une charte de l'univers divin qui est composé de quatre fois huit cieux. La récitation, dix fois répétée, des noms occultes de ces cieux, ainsi que du récit de leur révélation, entraîne un mérite qui se répercute sur le salut du monde entier. Comme l'ancien Lingbao jing, ce texte est destiné à l'usage liturgique. Le développement rituel autour de ces écrits a été, en effet, très important et a abouti à constituer une grande partie du canon taoïste, le Dongxuan bu (Section de l'arcane mystérieux). Depuis l'époque des Song du Sud et à la suite des importantes innovations liturgiques qui virent alors le jour, la récitation du Lingbao jing fait partie exclusivement du rituel funéraire, place qu'il garde encore de nos jours.

—  Kristofer SCHIPPER

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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Pour citer l’article

Kristofer SCHIPPER, « LINGBAO JING [LING-PAO KING] », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lingbao-jing-ling-pao-king/