CAPRIVI LEO comte von (1831-1899)

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Assumant à partir de 1890 la difficile succession de Bismarck comme président du Conseil de Prusse et chancelier d'Empire, le général Caprivi symbolise l'orientation nouvelle (der neue Kurs) imprimée à la politique allemande à l'intérieur et à l'extérieur ; il tente de gouverner malgré l'autoritarisme brouillon de Guillaume II. Il réussit à convaincre ce dernier de ne pas renouveler le traité de réassurance avec la Russie, ce qui fait dépendre l'Allemagne de l'Autriche, et tente de s'entendre avec la Grande-Bretagne. Caprivi signe des traités de commerce avec différents pays qui abaissent les tarifs douaniers ; les junkers, menacés dans leurs intérêts, ripostent en créant des ligues rurales. À l'intérieur, il instaure un gouvernement d'équipe, pratique l'apaisement à l'égard des socialistes, se rapproche du Zentrum. Mais les conservateurs et les gros industriels désavouent l'orientation nouvelle. En 1892, la dissociation des charges de chancelier et de président du Conseil de Prusse affaiblit considérablement la position de Caprivi qui se trouve en conflit avec Botho d'Eulenburg. Guillaume II se sépare de l'un et de l'autre en 1894.

Conservateur modéré, Caprivi se retire « dans l'honneur » en 1894, conscient de son impuissance devant une situation de fait : il est impossible que gouvernent ensemble l'empereur, le chancelier et le président du Conseil de Prusse. Malgré sa volonté d'exercer pleinement les fonctions de chancelier, Caprivi doit laisser l'institution perdre de son éclat ; il assume ainsi la transition entre l'autocratie de Bismarck et celle de Guillaume II.

—  Alfred WAHL

Écrit par :

  • : professeur émérite (histoire contemporaine) à l'université de Metz

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Dans le chapitre « Le Deuxième Reich (1871-1918) »  : […] L'Allemagne sort agrandie de la guerre de 1870 qu'elle vient de remporter sur la France, grâce à la victoire de Sedan (2 sept. 1870) et à la reddition de Paris (28 janv. 1871) . Son accroissement est double : la Confédération de l'Allemagne du Nord voit s'agréger à elle les quatre États du Sud qui s'étaient tenus écartés en 1867. Le nouvel Empire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-histoire-allemagne-moderne-et-contemporaine/#i_11011

Pour citer l’article

Alfred WAHL, « CAPRIVI LEO comte von (1831-1899) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/leo-caprivi/