LE CULTE DU MOI, Maurice BarrèsFiche de lecture

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Maurice Barrès, « prince de la jeunesse »

Première œuvre d'un débutant, Sous l'œil des barbares rapporte, sous la forme de tableaux très imprégnés du symbolisme en vogue à l'époque, « l'histoire des années d'apprentissage d'un moi, âme ou esprit ». Il s'agit pour le « héros », jeune homme sans nom (il n'en trouvera un, Philippe, que dans le troisième livre) de libérer son Moi des autres – les « barbares » – qui l'empêchent d'être lui-même. Si certaines formules peuvent autoriser une lecture ultra-romantique et dandy de cette résistance aux « futurs goujats », aux « jeunes gens de brasserie et autres Rastignacs », ou encore au « bonhomme Système » – condisciples collégiens et maîtres confondus dans un même rejet du philistinisme bourgeois –, Barrès a cru bon par la suite, dans son Examen, de démentir les interprétations par trop réductrices et d'élargir la notion de « barbare » aux « êtres qui de la vie possèdent un rêve opposé à celui qu'il s'en compose ». Quoi qu'il en soit, Sous l'œil des barbares est bien un texte de révolte et de désespoir, qui ne pouvait que séduire la jeunesse intellectuelle des années 1880-1890, en réaction contre le naturalisme scientiste encore dominant.

Un Homme libre marque à la fois la suite et le contrepoint « positif » de Sous l'œil des barbares. Si ce dernier s'achevait sur une certaine défaite du Moi, ce deuxième volet – le plus riche et le plus achevé – rend compte du « détail des expériences que Philippe institua et de la religion qu'il pratiqua pour se conformer à la loi qu'il se posait d'être ardent et clairvoyant. » À la suite d'un séjour à Jersey avec leurs deux compagnes, Philippe et son ami Simon décident de se retirer dans une maison éloignée de tout, quelque part en Lorraine. Là, les deux jeunes gens se livrent à des exercices spirituels inspirés, non sans une certaine ironie, d'Ignace de Loyola, afin de cultiver et d'étudier leurs émotions et leurs sensations. Bientôt, cependant, l'étude et la contemplation du Moi ne suffisent plus à Philippe, [...]


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BARRÈS MAURICE (1862-1923)

  • Écrit par 
  • Jean TOUCHARD
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Dans le chapitre « Le culte du moi »  : […] Né en 1862 à Charmes en Lorraine, Maurice Barrès a huit ans en 1870 et jamais il n'oubliera l'humiliation de la défaite et de l'occupation : « C'est persuasif pour toujours, écrira-t-il vers la fin de sa vie, d'avoir vu dans sa huitième année une troupe prussienne entrant sur un air de fifre dans une petite ville française. » Le jeune Barrès étudie d'abord au collège de la Malgrange, où il est trè […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Guy BELZANE, « LE CULTE DU MOI, Maurice Barrès - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/le-culte-du-moi/