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LA VIE DE LAZARILLO DE TORMÈS

Les premières éditions de La Vie de Lazarillo de Tormès et de ses fortunes et adversités, sans nom d'auteur, datent de 1554. L'édition princeps, antérieure, n'a pas été retrouvée. Dès le xviie siècle, diverses attributions d'auteurs furent proposées, sans que le mystère fût jamais levé.

Les mésaventures rocambolesques de Lazarillo

Précédé d'un Prologue adressé à un personnage inconnu, le livre est divisé en sept chapitres, de longueur inégale, certains à peine esquissés. Il s'agit du récit autobiographique d'un garçon de famille très pauvre, et de ses mésaventures au service de différents maîtres. Lazarillo évoque sa naissance de parents indignes, dans un moulin sur le Tormès, près de Salamanque. Entré à huit ans au service d'un vieux mendiant aveugle, il multiplie les stratagèmes pour déjouer son avarice et sa méchanceté. Excédé par ses mauvais traitements, il s'en ira chercher fortune ailleurs, non sans s'être d'abord cruellement vengé. Pour franchir un ruisseau, gonflé par la pluie, il place l'aveugle devant un pilier, et, mine de rien, l'invite à sauter : « Allez-y ! Sautez aussi fort que possible... Mon pauvre aveugle s'élance comme un bouc et, reculant d'un pas pour mieux prendre son élan, se rue de toutes ses forces sur le pilier, donne un coup si violent avec sa tête qu'elle fit un bruit aussi fort que si l'on eût frappé une énorme citrouille. Il s'écroula à la renverse à moitié mort, et le crâne fendu. » Lazarillo entre ensuite au service d'un prêtre, dans la région de Tolède. Pour ne pas mourir de faim, il dérobe les pains de l'offrande de la messe que le curé tient enfermés dans un coffre. Une volée de coups de bâtons précédera le renvoi de Lazarillo. À Tolède, il trouve à s'employer auprès d'un écuyer, aussi famélique que soucieux de son honneur. Pour comble, cette fois c'est l'enfant affamé qui subvient aux besoins du gentilhomme, lequel prendra un jour la poudre d'escampette, laissant son serviteur aux prises avec ses créanciers. Après un moine de l'ordre de la Merci, « grand ennemi du chœur », vite abandonné, Lazarillo poursuit sa carrière auprès d'un vendeur de bulles pontificales qui a le génie d'exploiter la crédulité des braves gens. Lazarillo est ensuite engagé chez un peintre de tambourins. Puis il devient vendeur d'eau pour le compte d'un chapelain, et sbire d'un fonctionnaire de police, avant d'obtenir, à Tolède, la charge royale de crieur public. Le temps est venu pour Lazarillo de s'établir, en devenant l'époux complaisant d'une servante, la concubine de son protecteur, l'archiprêtre de San Salvador.

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Écrit par

  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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