HERMANDAD LA SANTA

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Au Moyen Âge, les communes espagnoles disposent de milices populaires connues sous le nom de hermandades (fraternités) chargées de la protection des pèlerins et des marchands, les hermandades étaient également chargées de garantir les droits des personnes contre les exactions seigneuriales. À la fin du xve siècle, alarmés par l'augmentation du banditisme consécutif aux récentes guerres civiles entre les féodaux et la royauté, les Rois Catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille décident d'assurer une meilleure coordination des hermandades par la création de la Santa Hermandad (1476). L'organisme qui contrôle cette gendarmerie établie par la Couronne s'intitule Conseil ou Junta de la Santa Hermandad, où les trois ordres sont représentés. La Santa Hermandad a des pouvoirs de police et de juridiction ; elle se compose d'un corps permanent de deux mille soldats chargés de surveiller chemins et campagnes, corps étayé par une compagnie d'archers fournie par chaque ville, ces derniers devant poursuivre les malfaiteurs jusqu'aux limites du territoire de la cité. Les délinquants capturés par la Santa Hermandad sont jugés par des tribunaux spéciaux qui ont juridiction pour des délits bien définis : vols, assassinats, incendies commis en rase campagne ou dans les villes et villages, pillages, actes de rébellion contre le pouvoir central. Dans ces tribunaux siègent les alcaldes de la Hermandad choisis dans chaque localité, à raison d'un par village de moins de trente familles, et de deux par localité de plus de trente familles. Les tribunaux procèdent à l'examen des faits, rendent les sentences, mais n'infligent que les peines les plus sévères, c'est-à-dire la mutilation ou la mort. Grâce à l'efficacité de cet organisme de sécurité contrôlé par le pouvoir central, l'ordre est rétabli rapidement en Castille, et les villes, arguant du caractère provisoire de la Santa Hermandad, demandent sa dissolution. Mais la Couronne a encore besoin pour lutter contre les Maures de Grenade du corps d'archers d'élite que lui fournit la Santa Hermandad. Ce n'est qu'en 1498 que le Conseil de la Santa Hermandad est supprimé ; de ce fait la Santa Hermandad perd ses attributions judiciaires qui sont confiées à des tribunaux ordinaires. Elle est réduite alors à l'état de police rurale sans pouvoir ni prestige. En Castille, celle-ci sera remplacée en 1835 par la Garde civile.

—  Marie-France SCHMIDT

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Marie-France SCHMIDT, « HERMANDAD LA SANTA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-santa-hermandad/