PÁEZ JOSÉ ANTONIO (1790-1873)

José Antonio Páez fut l'un des plus importants chefs du mouvement indépendantiste du Venezuela de 1810 à 1830, avant de devenir le premier président de la nouvelle république.

Né le 13 juin 1790 à Curpa, près d'Acarigua, dans la vice-royauté de Nouvelle-Grenade (auj. Venezuela), José Antonio Páez est un métis originaire des llanos (grandes plaines d'élevage). Il travaille, dans un premier temps, comme simple manœuvre dans une propriété foncière, puis acquiert rapidement des parcelles de terre et du bétail. En 1810, il rejoint les patriotes opposés à l'Espagne, prenant la tête d'une bande de llaneros (hommes à cheval). Devenu le principal commandant vénézuélien au service de Simón Bolívar, Páez et ses hommes aident ce dernier à remporter les victoires de Carabobo (1821) et de Puerto Cabello (1823), qui aboutiront au retrait complet des troupes espagnoles. En 1826, après s'être rebellé contre l'autorité de la Grande-Colombie, fédération dont le Venezuela est une simple république, Páez devient le chef militaire et le leader politique de son pays. En 1827, il reconnaît Simón Bolívar comme président de la Grande-Colombie, mais, deux ans plus tard, il prend à nouveau la tête du mouvement qui permettra d'obtenir la souveraineté du Venezuela.

José Antonio Páez est désigné président provisoire de la nouvelle république du Venezuela en 1830 ; il est confirmé dans ses fonctions l'année suivante. Il dirige ainsi officiellement le pays jusqu'en 1835, puis de 1839 à 1843. Il garde le contrôle du pouvoir entre ces deux mandats, puis jusqu'en 1847, en exerçant son influence sur ses successeurs. Il utilise par ailleurs son prestige et ses prouesses militaires pour unifier le pays, qui connaît alors de profonds changements politiques et économiques. Il limite ainsi le pouvoir de l'Église dans les affaires séculières, tout en continuant à soutenir son autorité spirituelle.

En 1848-1849, Páez se soulève en vain contre le président José Tadeo Monagas ; emprisonné, il est contraint à l'exil en 1850. Il rentre au Venezuela à la fin des années 1850 et participe à la guerre fédérale. Revenu au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1861, il instaure un régime dictatorial et organise la répression, mais il est de nouveau forcé de quitter le pays en 1863 après la victoire des libéraux. Il passe alors le reste de sa vie à New York, où il publie son autobiographie en 1867-1869. Il y meurt le 6 mai 1873. Sa dépouille sera transférée au panthéon du Venezuela en 1888.

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Dans le chapitre « Une indépendance précoce sur fond de guerre civile (1808-1830) »  : […] basculement décisif des llaneros (hommes à cheval), avec à leur tête José Antonio Páez, dans le camp des patriotes qui remportent alors leurs premières victoires décisives. La réunion d'un Congrès constitutionnel à partir de février 1819 consacre la prééminence des militaires sur la scène politique. La Constitution d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/venezuela/#i_91859

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« PÁEZ JOSÉ ANTONIO - (1790-1873) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jose-antonio-paez/