HEINSE JOHANN JAKOB WILHELM (1749-1803)

Poète du Sturm und Drang, né en Thuringe, Heinse est un esprit républicain. Fils de pasteur, il fuit le lycée, étudie à Iéna, à Erfurt, puis il voyage en Allemagne et en Italie. En 1789, on le retrouve bibliothécaire chez l'archevêque de Mayence, un des esprits les plus libres de son temps. L'œuvre principale de Heinse, Ardinghello ou les Îles bienheureuses (1787), s'attaque aux conventions de la morale bourgeoise et de la société aristocratique. Partisan convaincu de l'égalité de la femme par rapport à l'homme et de sa libération du joug du mariage, Heinse propose comme solution des communautés rassemblant des êtres d'élite et fondant ensemble un univers guidé par la beauté et la jouissance. Son idéal, qui doit beaucoup à la Renaissance italienne, est celui d'une démocratie idéale d'où, étrangement, les esclaves ne seraient pas absents. Heinse a aussi écrit des critiques d'art, ainsi ses Lettres consacrées aux meilleurs tableaux de la galerie de Düsseldorf (1776). Il a rédigé des articles sur la musique et fait de nombreuses traductions. Son influence sur le romantisme, et en particulier sur Caroline Schelling et sur Rahel Varnhagen, est loin d'être négligeable.

—  Marie-Claude DESHAYES

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Marie-Claude DESHAYES, « HEINSE JOHANN JAKOB WILHELM - (1749-1803) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-jakob-wilhelm-heinse/