MARGOLIN JEAN-CLAUDE (1923-2013)

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Philosophe français. Né à Paris le 27 mars 1923, Jean-Claude Margolin est le fils d’un immigrant russe venu d’Ukraine et d’une mère vosgienne. Après avoir conduit une partie de sa scolarité à Henri-IV, il est inscrit à Louis-le-Grand lorsque la défaite de 1940, l’exode puis la proclamation par le régime de Vichy des lois anti-juives conduisent sa famille à Toulouse, où Jean-Claude Margolin poursuit ses études avant d’intégrer, en 1944, les Forces françaises de l’intérieur. Admis à l’École normale supérieure en 1945, il devient agrégé de philosophie en 1949 et enseigne dans plusieurs lycées puis entre, en 1962, au Centre d’études supérieures de la Renaissance. Il sera directeur du département de philosophie de la Renaissance et d’histoire de l’humanisme de 1974 à 1991.

La figure d’Érasme est au cœur de l’œuvre de Jean-Claude Margolin, et avec elle la pensée de l’humanisme dont ce penseur fut la parfaite incarnation. Après avoir donné une édition commentée de l’Éloge de la folie en 1954, il soutient, devant Pierre Mesnard et Maurice de Gandillac, une thèse sur un autre ouvrage du philosophe, le De pueris instituendis, qui paraîtra en 1966, deux ans après son Érasme par lui-même. Par la suite, c’est avec une égale ferveur qu’il ne cessera de traduire et de commenter Érasme (Érasme précepteur de l’Europe, 1993), de le faire connaître à travers colloques et éditions érudites, notamment pour les Opera omnia Erasmi, dont le premier volume paraît en 1969.

Le corollaire de ce travail d’une vie, c’était évidemment une réflexion capable de prendre en compte, dans toutes ses dimensions, la vie intellectuelle et sociale de la Renaissance européenne, telle qu’elle se manifeste, par exemple, dans la conception du corps (avec M.M. Fontaine et J. Céard, Le Corps à la Renaissance, 1990), de l’alimentation (avec R. Sauzet, Pratiques et discours alimentaires à la Renaissance, 1982) ou du voyage (avec J. Céard, Voyager à la Renaissance, 1987). Là encore, Jean-Claude Margolin complète cette approche par des études sur des figures majeures telles que Jérôme Cardan, Thomas More, Rabelais ou Guillaume Postel, et donne en 2007 une monumentale Anthologie des humanistes européens de la Renaissance. Dans le sillage de son Érasme et la musique (1965), il compose avec Jordi Savall un livre-disque (2013) qui place une dernière fois en miroir l’art de la Renaissance et la pensée du grand humaniste, dont il n’aura cessé d’explorer la pensée novatrice.

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« MARGOLIN JEAN-CLAUDE - (1923-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-claude-margolin/