COCHET JEAN BENOÎT DÉSIRÉ (1812-1875)

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Archéologue normand, l'abbé Cochet s'est surtout attaché à l'étude des nécropoles datant d'une période comprise entre le ~ ier siècle et le xiiie siècle. Il est l'un des précurseurs de l'archéologie mérovingienne.

Né à Sanvic, dans la banlieue du Havre, dans une famille modeste, Jean Benoît Désiré est remarqué pour son intelligence par un prêtre du Havre qui le fait entrer au séminaire. Ordonné en 1836, il mène d'abord la vie « habituelle » d'un ecclésiastique tout en s'intéressant aux monuments médiévaux et aux vestiges antiques de son département. Atteint en 1845 d'une dépression nerveuse, il subit une grave crise qui l'amène à renoncer à un ministère sacerdotal vraiment actif. Désormais, sa vie sera consacrée à l'archéologie et à l'étude des monuments historiques, ce qui ne l'empêchera pas de maintenir de bons rapports avec l'Église catholique.

Son existence, entrecoupée de fréquents voyages à Paris et de tournées dans le département, s'écoule à Dieppe jusqu'en 1867, date de sa nomination au poste de conservateur du musée départemental des Antiquités à Rouen, ce qui l'amène à s'installer dans cette ville où il mourra.

L'abbé Cochet se consacre d'abord à l'étude des monuments de la Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime). Après avoir parcouru inlassablement le département, il écrit une série d'ouvrages sur les églises de celui-ci, classées par arrondissement. Ces publications lui valent d'être nommé par Mérimée, en 1849, inspecteur des Monuments historiques. Chargé de veiller à l'état des monuments, il doit envisager leur restauration, voire leur sauvetage.

Mais c'est son activité d'archéologue qui constitue l'essentiel de son œuvre. Il développe en effet une branche à peine ébauchée de l'archéologie, l'étude des nécropoles. Pour mener à bien son projet, il crée un réseau de correspondants et organise ainsi une véritable prospection archéologique. Les sites dont les vestiges apparents subsistent tout comme ceux qui sont découverts fortuitement lors de travaux lui sont rapidement signalés. Il fait alors préparer la fouille qu'il dirige et à laquelle, éventuellement, il participe. Grâce à cette organisation, de nombreux gisements peuvent être repérés et étudiés. Cela lui permet d'apporter les précisions essentielles sur les croyances, les rites funéraires des Gaulois, des Gallo-Romains et des Francs. À l'aide du mobilier exhumé, il reconstitue, en outre, leur habillement, leur équipement et leur vie matérielle.

En matière d'archéologie gauloise, il accomplit une œuvre originale en faisant porter ses recherches sur des cimetières aujourd'hui datés de La Tène III, qu'il parvient à situer chronologiquement de façon relativement satisfaisante. Il définit une série de critères qui permettent d'identifier le mobilier de cette époque, et s'attache particulièrement à la céramique qui lui servira de « fossile directeur » pour dater les différents sites explorés.

Ses fouilles de nécropoles gallo-romaines amènent l'abbé Cochet à étudier le mobilier trouvé dans les tombes, il le décrit et tente de le classer, ce qui n'avait pas été fait avant lui. Il essaie de découvrir les techniques utilisées pour la fabrication des objets, en même temps qu'il tente de percevoir les routes utilisées pour leur commercialisation. Ses études sur les voies et l'habitat, menées corrélativement, lui permettent de donner une vision d'ensemble de la région entre Seine et Bresles pendant les cinq siècles que dura l'occupation romaine en Gaule.

C'est néanmoins dans le domaine de l'archéologie mérovingienne que son apport est le plus important. Considérée comme une époque de décadence et de « barbarie », la période qui sépare l'avènement de Clovis de celui de Pépin le bref avait peu tenté les savants de la première moitié du xixe siècle. Or l'abbé Cochet pressent qu'il y a là une civilisation originale à faire connaître. Influencé par les travaux des « antiquaires » anglais, très en avance sur ceux du continent, il apprend à identifier les nécropoles franques et entreprend, à partir de 1847, leur fouille en Seine-Inférieure, plus particulièrement au nord du département, dans la vallée de l'Eaulne. Il observe attentivement les pièces mises au jour, note leur emplacement dans la tombe, les analyse soigneusement. À l'affût de toutes les découvertes faites en Europe qui puissent éclairer ou corroborer [...]

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Laurence FLAVIGNY, « COCHET JEAN BENOÎT DÉSIRÉ - (1812-1875) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-benoit-desire-cochet/