SEIFERT JAROSLAV (1901-1986)

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Nul autre poète tchèque ne personnifie mieux les destinées de la poésie et de la nation tchèques depuis la libération de 1918 que Jaroslav Seifert : pendant plus de soixante ans, il est l'un des plus grands créateurs de verbe poétique, un témoin incorruptible, un porte-parole fidèle.

Jaroslav Seifert était l'enfant d'un quartier populaire de Prague : son premier recueil, Město v slzách, 1920 (La Ville en larmes), dit son expérience, ses rêves, ses colères, et s'inscrit activement dans la vague de la « poésie prolétarienne ». Le recueil suivant, Samá láska, 1923 (Rien que l'amour), se trouve déjà à mi-chemin d'une conception de vie et de poésie opposée : le « poétisme », mouvement d'avant-garde tchèque dont il sera le héraut avec son ami Nezval. Cette joie de vivre sensuelle, ludique, jouissant de toutes les beautés de la civilisation moderne et constructiviste, est exprimée d'abord en vers libres, puis davantage maîtrisés mais toujours éclatants d'images et d'associations — Apollinaire (qu'il traduit) et Cocteau sont passés par là ! —, s'inscrit dans ses recueils Na vlnách TSF, 1925 (Sur les ondes de la T.S.F.), Slavík zpívá špatně, 1926 (Le rossignol chante faux), Poštovní holub, 1929 (Le Pigeon voyageur).

En 1929, il se sépare (comme six autres écrivains) du Parti communiste « bolchevisé », et commence à se détacher du « poétisme », non pour suivre, comme Nezval, le surréalisme, mais pour obéir à sa vocation propre, celle d'une expression lyrique purement intimiste. Il chante l'amour, le foyer familial, l'amitié, sa ville, son pays, tous sentiments qui ne cessent de s'approfondir, de gagner en tendresse, en expressivité sobre et mélodique : Jablko s klína, 1933 (Une pomme tombée du giron), Venušiný ruce, 1936 (Les Mains de Vénus), Jaro, sbohem, 1937 (Adieu, printemps). Avec Osm dní (sur la mort de Masaryk), 1937 (Huit Jours) et Zhasněte světla, 1938 (Éteignez les lumières) s'annonce une période tragique pour sa nation, marquée par Munich, l'occupation et la guerre ; il évoque l'émouvante figure de Božena Němcová (1940) et célèbre sa ville, Prague — Světlem oděná, [...]


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Écrit par :

  • : chargé de cours (littérature tchèque, littérature comparée) à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

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Dans le chapitre « Entre l'Occident et l'Est »  : […] La prise du pouvoir par les communistes en février 1948 réduit une littérature pluraliste à un instrument d'éducation du peuple pour une société « socialiste », coupée d'un Occident « condamné par l'histoire ». Ce cours dogmatique brutal (1948-1953) laisse place à un relatif dégel (1953-1958) qui, insuffisamment jugulé, débouche sur la libéralisation et le Printemps de Prague (1963-1968). L'occupa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/#i_89833

Pour citer l’article

Vladimir PESKA, « SEIFERT JAROSLAV - (1901-1986) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jaroslav-seifert/