JACOBS JANE (1916-2006)

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La Canadienne d'origine américaine Jane Jacobs est connue pour ses observations claires et originales sur l'urbanisme contemporain et les problèmes qu'il engendre.

Née le 4 mai 1916 à Scranton, en Pennsylvanie, Jane Butzner travaille au journal Scranton Tribune après avoir quitté le lycée. En 1934, elle s'installe à New York, où elle exerce différents métiers tout en rédigeant des articles pour divers journaux et magazines. En 1944, elle rencontre et épouse l'architecte Robert Hyde Jacobs. S'intéressant déjà, par ses textes comme par ses engagements en faveur de la communauté, aux quartiers résidentiels qui éclosent autour des villes et à leur vitalité, la jeune femme explore en profondeur l'aménagement et l'art urbain avec son mari. En 1952, elle devient rédactrice au magazine Architectural Forum, pour lequel elle travaillera pendant une décennie.

En 1961, Jane Jacobs publie The Death and Life of Great American Cities qui sera traduit dans plusieurs langues, notamment en français en 1991 (Déclin et survie des grandes villes américaines). Cet ouvrage pose un regard sévère sur l'urbanisme contemporain et développe une interprétation nouvelle, audacieuse et passionnée des besoins multiples qui caractérisent les villes modernes. Critiquant les cités-jardins ainsi que les villes fonctionnelles et compartimentées, Jane Jacobs prend en effet la défense des grandes agglomérations et fait l'éloge des espaces publics dans lesquels le citadin se sent libre. Elle prône ainsi le retour à la ville traditionnelle, sans toutefois proposer de solution concrète aux problèmes spécifiques posés par la croissance exponentielle des métropoles. Urbanistes et économistes doivent désormais compter avec l'avis de cette spécialiste de l'architecture américaine. Le livre The Economy of Cities (1969) discute quant à lui l'importance de la diversité d'une ville, source de prospérité et, s'appuyant sur une perspective historique beaucoup plus large, prend à nouveau le contre-pied d'une grande partie des opinions traditionnelles en matière de planification urbaine. Opposée à la guerre du Vietnam et craignant que ses fils soient mobilisés, Jane Jacobs part s'installer avec sa famille au Canada en 1968 ; elle se fera par la suite naturaliser. Parmi sa bibliographie, citons également Cities and the Wealth of Nations (1984) et The Nature of Economies (2000). Dark Age Ahead (2004) se penche quant à lui sur le déclin de la culture américaine. Jane Jacobs s'éteint le 25 avril 2006 à Toronto.

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URBANISME - Théories et réalisations

  • Écrit par 
  • Françoise CHOAY
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Dans le chapitre « Critique de l'urbanisme progressiste. L'urbanisme en question »  : […] et sémantique des nouveaux ensembles. Lewis Mumford (1961), Jane Jacobs (1961) puis C. Abrams (1964) s'accordent pour dénoncer le caractère totalitaire, l'indifférence à l'égard des problèmes sociaux et le mépris de l'individu qui marquent les réalisations de l'urbanisme progressiste. Ils stigmatisent l'obsession de l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/urbanisme-theories-et-realisations/#i_45624

Pour citer l’article

« JACOBS JANE - (1916-2006) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jane-jacobs/